Euro 2021: notre revue de presse #1

Cet Euro 2020, qui a bien lieu en 2021, ne nous passionne pas le moins du monde. Mais sur la toile, on a trouvé quelques articles qui permettent de s’y intéresser sans nécessairement suivre les matchs. Voici la revue de presse qu’on vous propose.

L’Euro, il faut payer pour voir | So Foot

Voici une exception française dont nous nous serions bien passés. Seulement 23 matchs sur les 51 du tournoi, soit 45%, se révéleront accessibles, en clair, au commun des mortels de France et de Navarre (et si on retire ceux des Bleus, sanctuarisés par la loi, on tombe encore plus bas). Il serait facile de pointer du doigt une pente fatale qui conduirait à basculer toujours davantage la diffusion des rencontres, y compris donc internationales, dans l’escarcelle des chaînes à abonnement. Or, chez nos principaux voisins, les chiffres se révèlent sans pitié : en Allemagne, 80 % du tournoi demeure en libre accès, tandis qu’en Grande-Bretagne et en Espagne, la totalité de l’Euro sera à portée d’yeux du quidam et de sa progéniture.”

Notre commentaire: L’info qu’en France une majorité des matchs de l’Euro serait retransmise sur des chaines payantes a été reprise par de nombreux médias. Sous la plume sociale de Martov, elle prend plus de relief. Même si de notre point de vue, cet Euro n’est pas une fête dont les prolétaires doivent se sentir exclus, encore moins un “vaccin” à la Super Ligue et à son “variant Florentino Perez”. Même si on s’incline devant la formule, le foot des nations est tout sauf un service public.

Le maillot ukrainien, nouvelle frontière entre foot et géopolitique | Caviar

Le maillot arbore aussi deux slogans évocateurs : « Gloire à l’Ukraine ! Gloire aux héros ! », assimilés à des cris de ralliement nazis par les autorités russes. Le renversement de Ianoukovitch en 2014 est perçu comme une prise de pouvoir de l’extrême droite du côté russe. Employés pendant la révolte du Maïdan, ces mots sont en réalité utilisés par les cercles nationalistes depuis la moitié du XIXème siècle et officialisés lors de la première indépendance de la Nation entre 1917 et 1920. La Rada, équivalent de l’Assemblée Nationale ukrainienne, a même institutionnalisé la formule « Gloire à l’Ukraine » comme salut policier et militaire depuis 2018.”

Notre commentaire: L’article de Caviar a le mérite d’expliquer un peu plus en détail l’origine de la polémique autour du maillot en revenant sur la conflit entre la Russie et l’Ukraine depuis 2014, avec la sécession de la Crimée et la guerre au Donbass. Le football ukrainien a été impacté par ce conflit qui oppose d’un côté des milices pro-russes fascisantes, au service de la politique impérialiste de Poutine, et de l’autre des ultra-nationalistes ukrainiens, dont le Bataillon Azov, ouvertement néo-nazi, soutenu notamment par le footballeur Roman Zozulya. Indépendamment de la propagande russe à ce sujet, voilà la réalité de ce conflit, quelque peu nuancée dans l’article: dans ce panier de crabe, il n’y pas autre chose que la peste brune.

Le maillot ukrainien, nouvelle frontière entre foot et géopolitique

Coronavirus : L’Euro 2021 peut-il aider à retrouver un sentiment de fierté nationale ? | 20 Minutes

« L’Euro est la première manifestation sociale publique depuis plus d’un an, de surcroît sportive, donc capable de transcender les origines sociales, les classes sociales, les générations », liste Jean-Baptiste Guégan, géopoliticien du sport. Et se rassembler, au moment d’évoquer la fierté nationale, ça a son importance.”

Notre commentaire: On retrouve dans cet article ce qui justement nous inquiète dans le patriotisme sportif y compris dans son acception “festive”. Certes la séquence sombre du Covid doit laisser place à un temps positif. Mais pourquoi cette positivité d’un semblant de retour du vivre-ensemble devrait-elle être associée à la fierté et à l’unité nationale? Flatter ces sentiments là comme en 2018, dans la période actuelle marquée par les tensions diplomatiques et identitaires, c’est comme jouer avec des allumettes à côté d’un bidon d’essence.

L’Euro de football, vitrine de l’Histoire : une naissance en pleine Guerre froide | France Info Sport

« Si les pays du bloc de l’Est ne participent pas à la première Coupe d’Europe des nations, cette compétition ne voit pas le jour.» Philippe Vonnard, historien du sport et chercheur à l’université de Lausanne, est formel : l’Euro doit en grande partie sa création aux fédérations des pays à l’est de l’Europe. Au milieu des années 1950, les sélections tentent leur chance tous les quatre ans pour disputer à la Coupe du monde et le reste du temps, elles participent à des matches amicaux. « L’occasion de créer une fraternité avec les fédérations voisines et proches », assure le chercheur.

Notre commentaire: France Info Sport propose un retour sur la période de Guerre froide, qui a laissé son empreinte sur l’Euro. Un article historique qui montre dans les grandes lignes que les enjeux géopolitiques et diplomatiques traversent la compétition depuis ses débuts.

 

Paris sportifs : un match perdu d’avance | Une balle dans le pied (LeMonde)

Les sociétés de paris sportifs saturent déjà l’espace médiatique du football : publicités en haute rotation à l’occasion des matches et des émissions, parrainage de ces dernières, partenariats avec des journalistes sportifs et des influenceurs, activité intensive sur les réseaux sociaux, développement de « médias de marque », etc. Elles sont partout, et cette industrie déjà florissante a même bénéficié de la crise.”

Notre commentaire: Un article nécessaire de Jérôme Latta sur le fléau de l’industrie du pari sportif et l’essor de ce marché en France. Les pubs pour les paris sportifs sont omniprésentes et ciblent une clientèle précaire, particulièrement dans les quartiers populaires, à qui les multiples sociétés font miroiter un enrichissement express. Les compétitions comme l’Euro sont l’occasion d’appâter de nouveaux joueurs. Alors que d’autres pays sont en train de prendre des mesures pour freiner cette hémorragie – comme en Espagne où le problème est abordé comme une question de santé publique et où le sponsoring maillot des équipes professionnelles par des sociétés de paris sportifs est en passe d’être interdit – la France apparaît à rebours. Une lecture à compléter par celle de Les paris de la banlieue, article consultable sur le site LesRemplaçants.com.

Paris sportifs : un match perdu d’avance

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