Avec la droite suisse, les privilèges fiscaux de l’UEFA sont bien gardés

Le Grand Conseil vaudois s’est prononcé, l’exonération fiscale dont bénéficie l’UEFA est préservée. La résolution déposée par le député écologiste Théophile Schenker a été rejetée par 74 voix contre 53.

Il n’y a pas vraiment d’espoirs à fonder dans le parlementarisme dans le rapport de force avec les instances internationales du football. L’UEFA, dont le siège est à Nyon, peut compter sur les députés de droite du Grand Conseil vaudois pour veiller sur ses privilèges. Son exonération d’impôts, estimée à plus de 30 millions de francs suisses par an, est sauve. 

Des élus de gauche, à l’initiative de Théophile Schenker, avaient pris cette question à bras le corps avec l’ambition de remettre en cause ce régime avantageux, accordée à l’UEFA au motif de “son rôle dans la promotion de la paix”. L’absence de sanctions prises par l’instance contre Israël était la principale raison invoquée par la résolution, cosignée par 45 députés. 

La guerre génocidaire menée à Gaza par l’État israélien a déjà fait plus de 70 000 victimes. La présence de clubs implantés dans les territoires occupés de Cisjordanie a souvent été pointé au niveau des instances, sans avoir jusqu’ici abouti à la moindre sanction à l’égard de la Fédération israélienne de football (IFA), membre de l’UEFA. Les accusations de deux poids, deux mesures par rapport à la Russie, exclue des compétitions à cause de la guerre en Ukraine, n’ont pas plus d’effet. 

Les élus de droite se sont sans surprise opposés à cette résolution, parlant “d’une instrumentation de la fiscalité cantonale pour servir une cause géopolitique”. L’exonération fiscale n’aurait même rien à voir avec ses prises de position politiques, ni même avec la promotion de la paix, selon la conseillère d’État Christelle Luisier, également membre de comité central de l’Association suisse de football (ASF), comme le rappelle le média suisse CH24.

Les opposants à la résolution y sont aussi allés de leur petit chantage à la délocalisation, soulignant les emplois générés par l’UEFA. L’instance présidée par Aleksander Čeferin – récemment visé avec Infantino par une plainte devant la Cour Pénale Internationale – s’en tire à bon compte grâce à la bourgeoisie libérale vaudoise.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*