Coupe du Monde 2026: pour un boycott collectif, offensif et alternatif
Plus de matchs, plus de profits, plus d’exclus. Après la Russie et le Qatar, la Coupe du Monde 2026, majoritairement organisée dans des États-Unis en […]





« Per un Calcio Giusto e Popolare »: la pétition atteint les 150 000 signatures
Une conférence de presse s’est tenue le 17 juin dernier au Palazzo Madama de Rome, siège du Sénat italien, pour y porter la pétition “Pour un football juste et populaire”. Soutenu par près de deux cents groupes et associations de supporters, ce texte a recueilli plus de 150 000 signatures en deux mois et sera examiné par les parlementaires. Fruit d’une mobilisation populaire et unitaire sans précédent, c’est une nouvelle étape qui attend le texte “Per un Calcio Giusto e Popolare”. Il doit dorénavant passer par la commission Environnement du Sénat. Les groupes de supporters italiens espèrent voir les revendications qu’ils portent être satisfaites. Ils réclament notamment une tarification accessible et un plafonnement du prix des places, des déplacement garantis ou la fin de la multipropriété. Cette initiative intervient dans un contexte de dépossession avancée du football, livré à des affairistes ou des fonds d’investissement sans attache avec l’histoire des clubs et des territoires. La présentation au Sénat a été organisée à l’initiative du sénateur centriste Antonio De Poli qui s’érige en soutien de l’initiative. “Aujourd’hui, une fracture de plus en plus visible s’est creusée entre le football populaire, fait de passion, de sacrifice et de participation, et un système toujours davantage orienté vers des logiques économiques qui risquent d’éloigner précisément ceux qui font vivre le football au quotidien. Trois points fondamentaux doivent être préservés: garantir l’accessibilité, parce que le football doit redevenir véritablement celui de tous ; protéger la participation, parce que le stade doit être un lieu vivant, accueillant et inclusif ; assurer des règles justes et transparentes, capables de protéger la compétition ainsi que le lien entre les clubs et leurs territoires.” Des paroles qui rejoignent les attentes exprimées par les ultras italiens, mais la méfiance reste de mise envers une classe politique qui a largement œuvré à la dérive commerciale et sécuritaire du calcio. En attendant, les 150 000 signatures soutenant ce texte témoignent de l’existence d’une volonté populaire de défendre un football vecteur de sociabilité, libéré des effets conjugués de la répression et de la marchandisation. Reste à voir si cet élan peut déboucher sur une mobilisation à même de faire pencher le rapport de force en faveur du peuple des tribunes. ************** Rappel des axes revendicatifs de la pétition: • Des prix plus “populaires”: Revendication sociale historique et majeure pour celles et ceux qui défendent un football populaire. Les ultras italiens proposent la mise en place d’un plafond tarifaire dans les virages: 20 € en Serie A, 15 € en Serie B, 10 € en Serie C. Des prix qui permettraient de garantir un football accessible aux catégories les moins aisées pour que ces tribunes gardent leur coloration sociale qui en font “le cœur battant du supportérisme”. • Des déplacements garantis pour les fans visiteurs: Cette mesure passe par la mise en place de procédures claires et rapides permettant aux supporters adverses d’organiser leurs déplacements suffisamment à l’avance. Les groupes revendiquent la liberté de circulation, censée être un droit constitutionnel, et l’achat de billets par des moyens non numériques, au nom d’une accessibilité maximale. Enfin, contre les restrictions généralisées, ils veulent que soit supprimées les interdictions de stade systématiques et les programmes de fidélisation obligatoires qui transforment les tifosi en clientèle. • Des interdictions de stade (D.A.SPO) repensées: Toute interdiction de stade devrait être soumise à l’examen d’un juge, pour garantir un véritable droit à la défense. De même, la mesure du “D.A.SPO hors contexte”, qui permet de sanctionner des tifosi pour des faits sans lien avec le football et le stade, doit être aboli selon les supporters signataires de la pétition. • Meilleur contrôle des opérations de rachat de clubs et fin des multipropriétés: Les traumatismes laissés par certaines cessions de clubs incitent les supporters à réclamer la mise en place de critères stricts et transparents imposer aux nouveaux propriétaires: solidité financière avérée et respect de l’histoire et de l’identité locale. Dans le même esprit protectionniste, ils exigent l’interdiction de la multipropriété qui piétine le lien entre le club et son territoire en en faisant une vulgaire franchise. L’expérience du Genoa, pris dans le marasme de 777 Partners, alimente cette prise de conscience collective. • Des stades pensés pour les supporters: Il s’agit d’aller à rebours de la vision de stades conçus comme des enceintes consuméristes en redonnant aux supporters “la possibilité d’apporter voix et couleur aux tribunes”. Cela implique notamment de mettre fin aux horaires indécents et aux restrictions de matériel indispensable à l’expression de la ferveur, comme les tambours. Les ultras signataires réclament aussi l’abolition du “code éthique”, qui permet aux clubs d’exclure de façon arbitraire des supporters, et la mise en place de zones dédiées aux supporters en situation de handicap ainsi qu’à ceux qui veulent assister au match debout. • Un football “méritocratique”: Celui-ci s’exprime entre autre par le refus de voir les équipes réserves –comme celle de la Juventus, de l’Atalanta et du Milan AC – participer au championnat de Serie C et fausser la compétition. Les ultras estiment que les divisions inférieures ne doivent pas servir “d’incubateurs” au service des clubs les plus riches, qui bloquent des places au détriment de clubs traditionnels, plus modestes. Pour préserver le mérite sportif, ils prônent la création d’un championnat spécifique pour les équipes “B”, comme en Angleterre.
Couper les matchs en quatre, une idée originale de João Havelange
L’innovation majeure introduite par la FIFA durant la Coupe du Monde 2026 est probablement le redécoupage du match autour de quart-temps qui ne disent pas leur nom, sous couvert de pauses fraîcheur imposées. L’idée n’est pas nouvelle et avait été mise sur la table il y a plus de 30 ans. Et les intentions de João Havelange (président de la FIFA de 1974 à 1998) derrière ce projet n’étaient même cachées: faire de l’argent, encore et encore. “Hey João… Leave our game alone!” (“Hey João… Laisse-nous jouer”) , c’est le titre d’une tribune dans le magazine Soccer International d’avril 1990. Le coup d’envoi Coupe du Monde en Italie n’avait pas encore été donné que le patron brésilien de la FIFA étalait déjà ses ambitions contre-révolutionnaire pour le football du futur. L’idée de João Havelange était de modifier le format des matchs en vue du Mondial 94 organisé aux Etats-Unis, en remplaçant les deux mi-temps de 45 minutes par quatre périodes de 25 minutes. Ce projet a pris encore plus de poids dans sa tête après Italia 90, jugée médiocre sur le plan du jeu avec seulement 2,21 buts par match en moyenne et une finale plus rugueuse que spectaculaire. Loin d’être un simple changement ornemental, beaucoup d’observateurs ont vu dans cette proposition un changement pouvant ébranler les fondements mêmes du jeu. D’autant que l’argument du président de la FIFA en faveur de ce redécoupage n’avait aucun fond footballistique: il s’agissait avant tout d’accorder davantage de temps de publicités aux diffuseurs télé et radio. “Le football est extrêmement professionnel et, à ce titre, il doit chercher par tous les moyens à augmenter ses revenus”, avait-il déclaré, lançant cette bombe. Anticommuniste convaincu et collaborateur appuyé du régime dictatorial brésilien, Havelange n’a pris personne en traitre. Son règne à la tête de la FIFA est souvent illustré par sa célèbre phrase programmatique: “Je suis là pour vendre un produit appelé football”. Mais nous sommes alors au début des années 90 et ce qu’on a appelé le football moderne posait encore les premières pierres de son édifice. Le niveau de réticence, y compris dans l’organigramme de la FIFA, face à un tel virage culturel était encore élevé. L’UEFA s’y était notamment opposé avec vigueur. “Même les observateurs les plus myopes peuvent voir que la proposition de Havelange, si elle était adoptée, dévasterait le jeu”, clamait l’article de Soccer International pour qui il était inconcevable que l’International Board (IFAB), puisse sérieusement donner son approbation à une mesure aussi caricaturale. Le magazine y voyait aussi le résultat de la pression mise par les empires médiatiques américains à quatre ans d’accueillir l’évènement sportif le plus populaire au monde. Les diffuseurs étasuniens étaient terrifiés par l’idée de diffuser un sport avec des périodes de 45 minutes sans interruption publicitaire, si éloigné de la culture et du séquençage des sports US. Pour eux, le découpage en quart-temps était une garantie. “Si cela est vrai, et rien ne permet d’en douter, alors nous avons des chaînes de télévision américaines qui tentent de dicter les règles d’un sport qui s’est très bien développé sans ABC, NBC et CBS pendant plus d’un siècle. Le football doit-il se plier aux exigences de la télévision américaine?”, interrogeait Soccer International, dans une question rhétorique. Notons comme les temps ont changé. Cette archive est intéressante à plus d’un titre et montre qu’en 1990, avant que la mutation libérale du football ait fait tous les dégâts qu’on connait, la vigilance de certains observateurs était déjà de mise et annonciatrice du rôle central des diffuseurs. “Si Havelange essaie réellement de changer les règles, alors il est peut-être temps que ce sport trouve un nouveau dirigeant. De préférence quelqu’un qui ne se laissera pas dicter sa conduite par la télévision ou par tout autre intérêt commercial.” Sepp Blatter et Gianni Infantino rigolent.
La bataille de Vertières, ce symbole d’indépendance que la FIFA a fait retirer du maillot d’Haïti
La FIFA a sommé la sélection haïtienne de retirer la première version de son maillot. La raison? La représentation d’une scène en hommage à la bataille de Vertières enfreindrait les règles en matière de neutralité politique. Dans cette Coupe du Monde marquée par le climat sécuritaire et guerrier actuel, la FIFA s’affiche toujours plus forte avec les “faibles” et faible avec les forts. Entre le refus étasunien d’accorder des visas à ses supporters et l’injonction de retirer de son maillot ce symbole de l’histoire du pays, Haïti est servie pour sa deuxième participation à une phase finale de Coupe du Monde après celle de 1974. Mais pour l’instance dirigée par Gianni Infantino, le double standard est devenu une seconde nature et faire référence à la bataille de Vertières sur un maillot est apparemment une transgression inacceptable. Le 18 novembre 1803, la bataille de Vertières a sonné le glas de l’expédition française de 1802 qui entendait restaurer l’ordre colonial et rétablir l’esclavage à Saint-Domingue, mais aussi en Guadeloupe. Cette victoire éclatante des troupes de Jean-Jacques Dessalines, qui s’étaient auto-baptisées “armée indigène”, est un épisode emblématique et fondateur de la révolution haïtienne, qui a précipité la libération du pays du joug colonial français. Onze jours après la bataille, une première déclaration d’indépendance est signée, suivie d’une seconde version jugée plus radicale et rédigée par l’écrivain Boisrond-Tonnerre, secrétaire de Dessalines. L’indépendance du pays sera déclarée moins de deux mois plus tard, le 1er janvier 1804. Dans une interview accordée à l’occasion des 220 ans de la bataille, le géographe Jean-Marie Théodat expliquait le caractère inédit et le poids universel de cette victoire: “C’est la première fois qu’un peuple issu de l’esclavage vainc un peuple dominateur sûr de sa supériorité militaire et surtout de sa supériorité raciale. Avec Vertières, nous apportons le démenti le plus solennel à l’idée de la hiérarchie entre les races humaines.” Qu’est-ce qui peut bien déranger la FIFA dans tout ça? Elle démontre surtout, une fois de plus, ce que recouvre sa prétendue “neutralité politique”. D’un côté, elle s’accommode du climat façonné par la politique xénophobe et impérialiste de l’administration Trump, et passe sous silence: les fouilles policières humiliantes de la délégation sénégalaise; la rétention arbitraire de l’attaquant irakien Aymen Hussein par la police aux frontières; ou encore l’arrestation et l’expulsion de l’arbitre somalien Omar Artan. De l’autre, elle fait les gros yeux à l’équipe haïtienne pour son maillot. La politique est en réalité omniprésente. La question est celle du rapport de force. Là, il s’agit ni plus ni moins que d’effacer la mémoire d’une victoire d’anciens esclaves, parvenus à faire capituler une puissance impériale et coloniale. Et cette censure est au moins autant politique que l’image à laquelle elle s’est attaquée. Édito n°87
Coupe du Monde 2026: les enseignants mexicains rejoignent la résistance
La grève illimitée des enseignants, à l’appel de la Coordinadora Nacional de Trabajadores de la Educación (CNTE), a réuni plusieurs dizaines de milliers d’enseignants dans les rues de Mexico, mais aussi dans d’autres villes comme Oaxaca. Un campement permanent s’est installé dans centre historique de la capitale. Sous pression à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde, le gouvernement répond par la répression. “S’il n’y a pas de solution, le ballon ne roulera pas”: le slogan du mouvement de grève des enseignants donne le ton. Nombre d’entre eux – venus parfois de loin, de Oaxaca, du Chiapas, du Guerrero ou du Michoacán – occupent l’avenue du 20 Novembre, une des principales artères de Mexico. Ils réclament entre autres le retour à un système de retraite public, mutualisé, solidaire et intergénérationnel; et dénoncent une précarisation insupportable. Lancé le 1er juin dernier, leur mouvement s’articule autour de trois exigences majeures: l’abrogation totale de la réforme de l’éducation; l’abrogation de la réforme des retraites des fonctionnaires de 2007 (et donc la suppression du système des fonds de pensions privés gérés par les banques), et enfin une augmentation de 100 % du salaire de base. Le gouvernement de Claudia Sheinbaum ne propose qu’une augmentation dérisoire: 10 % en 2025, puis de 9 % en 2026. Plus qu’insuffisante, cette proposition est perçue comme une provocation pour une partie des grévistes. Les symboles du Mondial pris pour cible Outre la manifestation massive dans la capitale, des blocages routiers ont été organisés dans les États de Coahuila et de Zacatecas, ou encore opérations de péages gratuits dans l’État de Chihuahua. Les grévistes ont également pris pour cible plusieurs installations promotionnelles de la Coupe du Monde 2026. Sur le Paseo de la Reforma, les mannequins géants représentant des footballeurs ont été renversés et vandalisés. Les manifestants se sont également emparés d’une sculpture en forme de ballon de football avant d’y mettre le feu, avec les vêtements qui habillaient les mannequins. Un important dispositif sécuritaire a été déployé dans les rues de Mexico. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc sur les manifestants pour les disperser et les empêcher d’accéder au Zócalo. Selon les organisations syndicales, au moins cinq manifestants ont été blessés, dont un éborgné. Face à l’absence d’accord, l’assemblée de la CNTE envisage de durcir le mouvement et de converger avec d’autres secteurs professionnels. Les enseignants affirment que l’arrivée de la Coupe du Monde ne modifiera pas leur détermination. Les actions sont appelées à se poursuivre et le campement à se maintenir pendant la compétition. “Sans satisfaction des revendications, le ballon ne roulera pas”, mettent-ils en garde.
La belle saison 2025/26 des équipes de calcio popolare
Une vingtaine d’équipes gérées collectivement par leurs membres et supporters évoluent dans les divisions amateurs italiennes avec l’intention d’y confronter leur modèle et de le porter le plus loin possible. Ces équipes, dont certaines ont plus de dix ans, ont connu des fortunes diverses cette saison. Mais le ressenti général est celui d’une crédibilité footballistique renforcée et d’une montée en puissance. La performance de cette saison est à mettre au crédit de l’Ideale Bari. Le club des Pouilles accède au championnat de Promozione, soit le 6e échelon du football italien. Une montée acquise à Bisceglie face à Triggiano Calcio, grâce au but d’Alessandro Bovio à la 88e minute pour le plus grand bonheur des ultras présents en nombre. Cette issue positive ne doit rien au hasard et tout au travail réalisé pour structurer le club. “Depuis une quinzaine d’années maintenant nous sommes ancrés dans notre ville et notre territoire pour y promouvoir un modèle de football différent, depuis la base, sans patron et reposant sur la participation sociale des tifosi”, s’est félicité le club sur ses canaux d’information. Deux divisions plus bas, la montée du Hic Sunt Leones est aussi à saluer. Créé en 2011 à l’occasion des Mondiali Antirazzisti par des activistes du centre social TPO de Bologne, le club a obtenu son ticket pour la Seconda Categoria à la faveur d’une impressionnante série lors des play-offs, remportant ses trois matchs décisifs. La saison de l’équipe milanaise du St. Ambroeus FC et ses ultras de l’Armata Pirata 161 a connu un épilogue similaire et jouera également en Seconda la saison prochaine, après avoir successivement battu Nuova Bolgiano (4-0) et Enotria 1908 (1-0) en play-offs. “Ce n’est pas seulement un succès sportif, mais le succès d’une communauté entière”, a déclaré Federico Gavazzi, responsable de l’équipe Juniors, au Corriere della Sera. St. Ambroeus était déjà parvenu à monter en 2022, mais était redescendu dès la saison suivante. Dal Pozzo, Trebesto et le Spartak Apuane ont pris rendez-vous D’autres clubs ont participé aux play-offs d’accession, malheureusement sans rencontrer la même réussite. Ce n’est que partie remise pour le Calcio Popolare Trebesto qui restera une saison supplémentaire en Terza Categoria, tout en bas de l’échelle fédérale. Ce club “né de rien et né sans rien” il y a huit ans, a vu son rêve de montée s’envoler. “On ne peut pas le cacher, cette défaite fait incroyablement mal. Mais c’est une leçon et nous rappelle d’où venons: du calcio popolare. Ce football des oubliés, des provinces, de celles et ceux qui rêvent de changer le monde”, a écrit le club sur ses réseaux après la cruelle défaite face à l’Atlético Peñarol, une équipe de Barga. Au même échelon, le Spartak Apuane peut aussi nourrir de gros regrets après avoir terminé à la 2e place, meilleure attaque avec 100 buts et seulement deux défaites, derrière l’USD Monti, invaincue. Pour la FC Dal Pozzo l’échec en finale de play-offs de Seconda face à Robur peut avoir un goût amer. Frustration aussi pour Spezia Calcio Popolare en Prima Categoria et pour l’US Città di Fasano. Troisième de la poule à l’issue de la saison régulière, l’équipe a été battue à domicile en 1/2 finale de playoff de Serie D contre la Paganese Calcio (1-2 après prolongations) qu’elle avait pourtant écrasé 6 buts à 0 une semaine plus tôt, lors de la dernière journée de championnat. Le club et ses supporters se consoleront avec une saison historique sur le plan statistique. Les Biancazzuri ont en effet battu leur record de points, de victoire et de buts marqués sur une saison en Serie D. De quoi faire de la montée en Serie C un objectif sérieux de la saison prochaine. L’US Città di Fasano reste à ce jour le club d’actionnariat populaire évoluant le plus haut en Italie. Pour beaucoup, pérenniser et consolider son projet est en soi une victoire saison après saison. Ainsi Quarto 2012 rempilera en Eccellenza (D5), le CS Lebowski en Promozione, le Brutium Cosenza, le Partizan Bonola, Cava United, la Borgata Gordiani et la Stella Rossa Duemilasei en Prima Categoria. L’Atlético San Lorenzo, Liberi Nantes et la Resistente Genova se maintiennent en Seconda Categoria. Dans ce contingent de clubs, seuls deux sont relégués: le Palermo Calcio Popolare de retour en Seconda et la Polisportiva San Precario en Terza Categoria. Mais comme l’écrit le média Sport Popolare: “ce n’est pas tant la destination finale qui compte, mais le chemin parcouru ainsi que les compagnons et compagnes de voyage rencontrés durant cette aventure. C’est ce qui motive le plus pour repartir à l’assaut du championnat la saison prochaine.” *************
Visés par la loi RIPOST et son article 4, les supporters contre-attaquent
Ces dernières semaines, les banderoles contre le projet de loi “RIPOST” – pour “Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité” – se sont multipliées dans les tribunes hexagonales. En cause : l’article 4 du projet, qui prévoit un nouveau durcissement des mesures visant les supporters. Pour les tribunes populaires, c’est une nouvelle occasion de faire front commun. Le texte ne sera examiné en séance publique au Sénat qu’à partir du 18 mai, mais il provoque déjà des réactions au sein des groupes de supporters. Déjà dans le viseur du ministère de l’Intérieur qui a engagé des procédures de dissolution à leur encontre, les ultras stéphanois – Magic Fans et Green Angels – ont fait partie des premiers à dégainer, à l’occasion de la venue de Troyes à Geoffroy-Guichard. Au classique “Loi RIPOST: supporters unis contre l’article 4” des Magic Fans, dans le virage opposé les Green Angels ont aussi déployé un message hostile au projet de loi: “Loi RIPOST : la schizophrénie répressive continue, effaçant des années de combat pour nos libertés. Supporters unis contre l’article 4”. Des banderoles avec des messages similaires ont notamment été sorties par les ultras de Lens, de Marseille, de Guingamp, de Rodez, de Toulouse ou encore de Grenoble, pour n’en citer que quelques-uns. Les groupes ultras, dont les membres sont particulièrement ciblés par la répression, ont tout intérêt à unir leurs voix. L’article 4 de ce projet de loi suscite en effet beaucoup d’inquiétudes. Il prévoit de durcir les conditions d’application de l’Interdiction Administrative de Stade (IAS) dont la durée maximale passerait de 12 à 24 mois. Un supporter pourrait donc, en l’absence de procédure judiciaire, être interdit de stade pendant deux ans, sur la seule décision du préfet. L’article 4 de la loi RIPOST assoit un peu plus leur pouvoir arbitraire. L’application de l’IAS serait étendue aux cortèges et aux rassemblements des supporters. Enfin, le pointage au commissariat deviendrait aussi obligatoire la veille et le lendemain des matchs. “Sur une saison de championnat, cela représente des dizaines de pointages supplémentaires – parfois 6 par semaine – empiétant sur les week-ends, les congés, la vie familiale”, écrit l’AD2S (association de défense des supporters stéphanois), qui a publié un décryptage pédagogique du fameux article 4. Pour l’AD2S, cette extension spatio-temporelle tend de plus en plus à faire de l’IAS – prétendument préventive – “une peine punitive prononcée sans juge”. La prétendue lutte contre la violence dans les stades ne représente que quelques lignes de ce projet de loi de 33 articles, couvrant de nombreux sujets allant des rodéos urbains aux free parties, mais aussi l’utilisation du protoxyde d’azote ou les tirs de mortier. Mais le ministère de l’Intérieur n’allait pas laisser passer l’occasion de porter de nouveaux coups aux libertés des supporters. Édito n°84
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