Interdiction des sites de paris en ligne au Brésil
A quelques jours de l’élection présidentielle du 4 octobre où il briguera un nouveau mandat, Lula a fait interdire les paris sportifs en ligne. Au Brésil, […]





Gavin Bazunu: « Participer aux prochains matchs contre Israël est contraire à mes convictions »
Faute de boycott collectif, le gardien de but de Bolton et de la sélection irlandaise a pris la décision de ne pas participer à la double confrontation face à Israël dans le cadre de la Ligue des Nations de l’UEFA. Gavin Bazunu a publié un communiqué où il explique sa décision. Ces deux matchs face à Israël vont se tenir, malgré un fort rejet parmi les supporters irlandais. En juillet dernier, la fédération irlandaise de football (FAI) a décidé à la majorité de maintenir ces matchs. Au préalable, elle avait déjà demandé à l’UEFA l’autorisation de délocaliser son match à domicile sur terrain neutre. Il aura lieu en Serbie le 4 octobre prochain, à huis clos, tandis que le match aller doit se disputer ce dimanche 27 septembre à Debrecen, en Hongrie. Les protestations et les appels au boycott se sont intensifié ces derniers mois en Irlande, dans le cadre de la campagne “Stop the Game” dénonçant l’opération de blanchiment du génocide à Gaza par le sport israélien. Plus de 160 sportifs et sportives ont ainsi signé une lettre ouverte demandant directement aux joueurs de l’équipe nationale masculine irlandaise de refuser collectivement de jouer les deux matches de Ligue des Nations contre Israël. Un appel auquel Gavin Bazunu a été sensible. Selon les médias irlandais, les dernières 48 heures de la délégation ont été intenses et le fait de jouer contre Israël a continué à faire débat. Gavin Bazunu avait notamment informé son sélectionneur Heimir Hallgrimsson, le samedi matin, de son intention de quitter le groupe, mal à l’aise à l’idée de jouer contre Israël. Une réunion d’urgence, initiée par la FAI, a eu lieu au sein de l’équipe. Après quatre heures d’échange, les joueurs irlandais auraient majoritairement voté en faveur du maintien de la rencontre. Dans son communiqué, publié sur Instagram, Gavin Bazunu évoque une décision difficile à prendre, notamment en raison de son attachement à la sélection. Mais il a refusé de sacrifier ses valeurs. “Je considère donc qu’il serait contraire à mes convictions de participer aux prochains matches contre Israël”, écrit-il. “Ma décision repose uniquement sur la conviction personnelle que tuer des innocents est une chose condamnable.” Anticipant les critiques qui pleuvent sur celles et ceux qui s’opposent à l’apartheid et au génocide en Palestine, il précise que sa prise de positon “ne s’oppose ni au peuple israélien ni à la communauté juive, mais aux atrocités commises dans la région.” Avec des mots simples, Bazunu va droit au but. “Il arrive, dans une vie, que l’on ait l’occasion de prendre position pour quelque chose qui nous dépasse, et je crois fermement que c’est l’un de ces moments.”
Qu’elle soit française ou espagnole, Kylian Mbappé prend ses responsabilités face à l’extrême droite
A l’occasion du match disputé face à Elche, Kylian Mbappé, Ibrahima Konaté et Vinícius ont retroussé le t-shirt de soutien à la population de Ceuta. Une manière de protester contre l’instrumentalisation raciste et xénophobe de ce soutien par l’extrême droite espagnole. En France, le Rassemblement National a profité de la polémique pour attaquer à nouveau au capitaine des Bleus. En Espagne, surfant sur la vague des évènements de Ceuta, l’extrême droite a le vent en poupe. Le 30 juillet dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes, en quête d’un avenir meilleur en Europe, ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole au prix d’un bilan humain dramatique dépassant les 140 morts. Les franges ultra-nationalistes espagnoles en font un symbole de leurs lubies identitaires et appellent à la démission de Pedro Sanchez, fragilisé. Le président socialiste du gouvernement s’est pourtant livré à une “escalade réactionnaire”, reprenant une à une les exigences de l’extrême droite pour “gérer” cette crise. Le t-shirt qui a mis le feu aux poudres a été produit par l’AVE, un regroupement patronal de la région de Valence, pour “soutenir la population de Ceuta”. Face à quoi et à qui? Membre de l’AVE, le président du club de Villarreal a pris l’initiative de faire porter ce t-shirt – arborant le slogan “Todos somos Caballas”, comme on appelle les habitants de l’enclave – aux autres clubs de la région de Valence engagés en Liga, ainsi qu’à leurs adversaires. C’est dans ce contexte que les joueurs du Real Madrid ont été invités à le porter pour le protocole d’avant-match à Elche. Mbappé, Konaté et Vinícius ont été les seuls à ne pas se plier pas à l’initiative. Le refus des trois joueurs de porter ce t-shirt est une réponse à la récupération raciste de évènements de Ceuta. Avant le match Ceuta-Las Palmas en 2e division, les joueurs portait un autre t-shirt problématique, avec le slogan “Ceuta ne se vend pas, elle se défend”. Même chose lors de Cádiz-Valladolid. C’est un slogan que Javier Tebas, président de la Liga et sympathisant du parti d’extrême droite Vox, a repris à son compte. Avant le match de l’AD Ceuta, il a été plus loin, écrivant sur ses réseaux sociaux: “Le football sert aussi à rappeler quelque chose de très simple: Ceuta, c’est l’Espagne. Ceuta est à nous.” Les Ultras Sur, groupe de supporters néo-nazis du Real Madrid et exclus du stade Bernabeu depuis 2013, ont publié un communiqué dans lequel ils demandent des excuses aux trois joueurs, pour avoir masqué un message de soutien à Ceuta. “Bien que le groupe se tienne toujours à l’écart des polémiques impliquant des joueurs pour qui notre blason et nos valeurs comptent peu ou pas du tout, nous nous voyons contraints d’élever la voix face à ce qui s’est passé hier.” Depuis ce geste symbolique qui a été largement médiatisé, Kylian Mbappé et Ibrahima Konaté sont aussi la cible de vives attaques venant de l’extrême droite française, principalement du Rassemblement National (RN), en pleine campagne présidentielle. Plusieurs cadres du parti, comme Kévin Mauvieux, Julien Odoul, et Marine Le Pen y sont allés de leur couplet virulent, ciblant particulièrement le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, qui commence à être habitué. Le natif de Bondy s’est déjà publiquement exprimé contre la montée en flèche du RN, en déclarant notamment: “On ne peut pas mettre le pays entre les mains de ces gens-là.” Dans une interview accordée à AS, il a balayé d’un revers de main les accusations de l’extrême droite qui lui reproche, ainsi qu’à Konaté et Vinícius, de ne pas être solidaire des Espagnols. “Je suis pleinement solidaire des habitants de Ceuta et toutes les victimes. Mais je voulais aussi avoir un geste et une pensée pour tous les migrants qui ont perdu la vie et vivent dans des conditions difficiles. Parce qu’avant d’être joueur, je suis un être humain”, a-t-il précisé. Il a ajouté qu’il refusait de “hiérarchiser la souffrance.” Contrairement aux extrêmes droites de partout. Édito n°93
Le club de Forest Green Rovers appelle de ses vœux une Palestine libre
Basé à Nailsworth, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Bristol, Forest Green Rovers est un club atypique. Engagé en National League (5e division), le club – connu pour son engagement écologiste et vegan – appelle à la libération de la Palestine. Il a publié un communiqué officialisant cette prise de position en faveur de “solution à deux États”. “À Gaza, nous avons été témoins de souffrances civiles d’une ampleur extraordinaire: déplacements massifs de population et famine délibérément provoquée, mort d’un nombre considérable de civils, parmi lesquels des enfants – et pas seulement des morts, mais aussi des mutilations (la Palestine présente le taux le plus élevé d’enfants amputés au monde) – ainsi que des assassinats ciblés de journalistes et de travailleurs humanitaires”, rappelle le club, dans son communiqué publié le 9 septembre dernier sur son site internet. Dans un football où règne l’injonction à l’apolitisme et au statu quo, c’est un engagement fort et courageux pris par le modeste club anglais. Pour Forest Green Rovers, la défense des droits des Palestiniens s’inscrit dans “la formidable tradition consistant à utiliser l’exposition du football pour combattre le racisme, le sexisme, l’homophobie et toutes les autres formes de discrimination.” Dans son texte, le club s’est exprimé en faveur d’une Palestine libre, dénonçant les actions de l’État d’Israël et de ses forces armées. “Génocide, nettoyage ethnique et apartheid: il s’agit de crimes d’une gravité exceptionnelle.” Les mots sont posés. Cette saison, les panneaux publicitaires qui entourent le terrain afficheront donc le slogan “Free Palestine” à intervalles réguliers. Rares sont les clubs, à l’image des Bohemians Dublin, à avoir bravé la volonté politique de silencier le génocide à Gaza. “Notre soutien au peuple palestinien n’est pas, et ne pourra jamais être, dirigé contre les Juifs ou contre le peuple israélien. Il s’oppose au gouvernement israélien et à ses forces armées […]. Nous condamnons toutes les formes de racisme et nous condamnons tous les actes de terrorisme. Nous condamnons les actes commis par le Hamas le 7 octobre, tout comme nous condamnons les atrocités qui se poursuivent du côté d’Israël.” Le club insiste ainsi sur sa distance avec le Hamas. “Le peuple palestinien n’est pas le Hamas. Le drapeau de la Palestine n’est pas le drapeau du Hamas. Il est nécessaire de le dire.” L’argumentaire est balisé pour ne pas prêter le flanc aux infâmes accusations d’antisémitisme. “La critique d’Israël est souvent assimilée à une attaque contre le peuple juif. C’est une tactique cynique qui consiste à instrumentaliser la question raciale pour défendre les actions d’un État ouvertement raciste.” Loin d’un manifeste radical et anticolonialiste, la position de Forest Green Rovers prend appui sur le droit international et le respect des droits humains. “Nous soutenons le peuple palestinien et son droit à disposer de son propre pays. Nous soutenons les Nations unies ainsi que les nombreux pays du monde qui demandent à Israël de mettre fin à son occupation de la Palestine, un pays reconnu par l’ONU, désormais reconnu par le Royaume-Uni et, en réalité, par la majeure partie du monde. Nous soutenons une solution à deux États.” Avec cette “solution”, le club de Forest Green est simplement aligné sur la position dominante au sein de la communauté internationale. Les mouvements progressistes de gauche ont plutôt tendance à défendre la création d’un État binational, démocratique et laïc, reposant sur l’égalité des droits. Mais à ce jour, l’idée même de la création d’un État palestinien est rejetée par le gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahu, toujours visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour “crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.” Un élément qui justifie pleinement la revendication d’une exclusion de la fédération et des clubs israéliens des compétitions internationales, à laquelle s’associe clairement le club: “Les instances dirigeantes du football doivent répondre à une question. La Russie a été exclue des compétitions internationales en raison de son invasion et de son occupation de l’Ukraine. Pendant ce temps, Israël continue de participer aux compétitions de football malgré une occupation qui dure depuis des décennies et une invasion toujours en cours […]. Il est légitime de demander pourquoi ces deux situations sont traitées différemment.”
Cinq ans plus tard, les ultras bordelais demandent le départ de Gérard Lopez
Dans un contexte très compliqué pour leur club, les Ultramarines Bordeaux (UB87) ont publié un communiqué où ils réclament le départ de Gérard Lopez. Ils l’appellent à “partir loin des Girondins de Bordeaux”. Le message est clair et net, sauf qu’il arrive cinq ans trop tard. Le groupe ne pouvait pas ne pas s’exprimer. Ce qui est en train de se passer aux Girondins avec la rétrogradation administrative au niveau régional, et la possible liquidation judiciaire, est aussi l’échec criant de leur ligne. Après avoir longtemps validé les manœuvres de Gérard Lopez, présentées comme l’unique chance du club d’éviter la banqueroute, les UB87 parlent à présent de “repartir sur des bases saines”. Après la dernière réunion du comité exécutif (le “comex”) de la FFF ayant maintenu l’exclusion des Girondins de Bordeaux des divisions nationales, l’avenir immédiat du club s’est fortement assombri. La société Park Bench, qui avait conditionné son apport financier à un maintien en National 1, a annoncé son retrait dans la foulée. L’opération de rachat du club par le fonds britannique Sparta Capital semble aujourd’hui caduque. Gérard Lopez reste donc à la tête du club et les UB87 n’ont pas attendu le verdict du tribunal de commerce pour affirmer vouloir “tourner la page”. Si souvent accusé de connivence avec l’homme d’affaire, le groupe écrit noir sur blanc qu’il “doit définitivement partir loin des Girondins de Bordeaux et cesser toute volonté d’emprise sur notre club: les Girondins ne peuvent plus lui appartenir.” Il était temps! Mais, pour qui a suivi les déboires du club bordelais ces dernières saisons, cet éclair de lucidité intervient beaucoup trop tard. D’autant que le communiqué en question ne comporte aucun mea culpa, ni aucune auto-critique. Pire, il feint de faire comme si la profonde fracture au sein de la communauté girondine n’existait pas. Une fracture à laquelle l’attitude du Virage Sud est pourtant loin d’être étrangère. Les interventions dithyrambiques de Florian Brunet, figure des UB87 et du Virage Sud, avaient fixé le cap pro-Lopez pris par la tribune à son arrivée. “Il nous a tous hypnotisé”, déclarait-il dans So Foot. Devant l’évidence, les Ultramarines avaient quand même fini par formuler une critique avec une banderole en mai 2024: “GL: Mener le club au désastre chaque année pour le sauver ne fait pas de toi le messie”. Un minimum syndical. En appelant à présent à cesser de considérer le club “comme un simple actif financier”, le groupe déploie un argumentaire similaire à celui qu’il a rejeté, malgré les évidences, durant toutes les années Gérard Lopez. Groupe majeur et respecté de la scène ultra hexagonale, les UB87 ont inévitablement écorné leur image dans cette séquence. Outre la reconstruction du club, celle de leur crédibilité va être un chantier compliqué. Après avoir porté le fer contre GACP, King Street et Frédéric Longuépée, ils ont déroulé le tapis rouge à Lopez et l’ont toujours épargné, malgré son passif de fossoyeur de clubs sportifs. Dès 2023, le groupe a pourtant été capable de réclamer – et de finir par obtenir – la tête du directeur sportif, Admar Lopes. Ils ont cependant toujours entretenu le mythe du sauveur sur lequel l’affairiste hispano-luxembourgeois a basé sa gouvernance. Le refrain en vogue “Gérard Lopez ou la mort” a rythmé ces années qui ont vu le club passer de la L1 à la N2 en quatre ans. Pendant ce temps, les North Gate Bordeaux sont nés, un groupe oppositionnel en désaccord avec le “gentlemen’s agreement” entre Lopez et le Virage Sud. Cela a donné lieu à des affrontements, des plaintes, des sanctions et une guerre ouverte entre groupes, laissant des traces profondes dans les tribunes bordelaises. Pour les ultras du Virage Sud, il s’agit désormais “de préserver le nom, l’histoire et le palmarès” du club et de revenir au terrain. Leur communiqué se termine en donnant rendez-vous pour le match de Coupe de France, le 12 septembre prochain à Saintes. Même si, au regard de son aveuglement passé, on comprend que le groupe veuille le faire au plus vite, tourner la page ne sera pas si simple. Les UB87 l’affirment aujourd’hui: sauver les Girondins est leur priorité. Reste à savoir qui pourra encore leur faire confiance. Édito n°91
DFCO-ASSE: le retour des balles de tennis contre les matchs le lundi
Les supporters n’aiment pas les matchs en semaine. Cela s’est encore vérifié ce lundi soir au Stade Gaston-Gérard de Dijon. Pour le compte de la 4e journée de Ligue 2, le DFCO recevait l’ASSE, et les supporters locaux ont interrompu le match pendant quelques minutes pour protester contre cette programmation. Au début de la 2e mi-temps, plusieurs dizaines de balles de tennis ont atterri sur la pelouse, jetée depuis la tribune des ultras dijonnais. Les Anglais parlent de “Tennis ball protest”. Une manière de montrer leur mécontentement face à cette programmation un lundi soir. Un accord entre la Ligue de Football Professionnel et le diffuseur BeIn Sports qui utilisent ce créneau consacré à “l’affiche” de la journée de Ligue 2. Une banderole “Le Foot C’est le Week-end” était également visible dans la tribune dijonnaise, tandis que le parcage stéphanois avait déployé un tifo portant le message “Non aux matchs le lundi”. Chaque saison, en Ligue 2, mais aussi en National (devenu aujourd’hui la Ligue 3), les supporters tentent de faire entendre leur voix contre ce qu’ils considèrent comme une entrave à leur passion. Les diffuseurs sont en effet accusés de faire la pluie et le beau sur les calendriers, pour satisfaire la seule rentabilité des droits télé, au détriment des supporters. Ces derniers voient leur passion entravée par ces programmations qui contribuent à vider les stades. Ce n’était pas les premières balles de tennis à pleuvoir sur la pelouse, et ce ne sera pas les dernières. On ne le répétera jamais assez: le foot c’est le week-end!
Photo de Gaza à Deauville: la censure reprise de volée!
Fin août, la municipalité de Deauville a cédé à des pressions pro-israéliennes en retirant une image du festival dédié à la photographie de sport. Censurée sur place, la photo en question – un match de foot dans les ruines de Gaza – sera finalement diffusée massivement en ligne. “Ils veulent cacher cette photo? Alors montrons-la partout”, écrit l’eurodéputée France Insoumise, Manon Aubry, sur X le 26 août. Trois jours plus tard, son tweet a accumulé plus de 155 000 vues. La photo qui l’accompagne est devenue virale sur les réseaux sociaux, en plus de faire le tour des médias de masse. Et voilà le travail de Jehad Alshrafi, photojournaliste palestinien, désormais mis en lumière. Le résultat d’un bel effet Streisand. Cet été, la ville de Deauville accueille la deuxième édition d’un festival dédié à la photographie de sport (du 6 juin au 6 septembre). L’événement ambitionne de proposer “de nouveaux regards sur les valeurs du sport à travers la beauté des photos comme phénomène culturel, social, humain et artistique”. Parmi les expositions gratuites, le thème “Best of 2025-2026” était proposé sur le port de la station balnéaire normande. Le site de l’office du tourisme évoque au programme de ce “kaléidoscope coloré”, “un terrain de foot, étrangement préservé, dans un paysage de ruines”. La photographie a été prise par Jehad Alshrafi à Gaza City, le 14 février 2026, dans le cadre d’un reportage pour l’agence Associated Press. On y voit des joueurs palestiniens du Gaza Sports Club et du club Al-Ahly participer à un match sur un terrain tout juste construit, entouré de bâtiments détruits par l’armée israélienne. Le contraste est terrible entre ce terrain de jeu et ce décor apocalyptique. Le 10 août, la Fédération Palestinienne de Football annonçait la reprise prochaine d’un tournoi regroupant des clubs de Gaza et de Cisjordanie, après quasiment trois ans d’interruption. Une forme de résistance symbolique à la guerre génocidaire toujours menée par l’État colonial israélien. En janvier dernier, Tsahal reconnaissait avoir tué au moins 70 000 Palestiniens depuis le massacre du Hamas le 7 octobre 2023. Depuis presque trois ans, plus de 200 journalistes palestiniens ont été tués par les soldats israéliens, selon le comité de protection des journalistes. Un ciblage délibéré dans une stratégie de guerre de l’information, comme le documente une enquête récente du Monde. “J’ai compris que l’armée israélienne ciblait des journalistes”, témoigne un militaire israélien, lanceur d’alerte, qui s’est confié à l’ONG israélienne, Breaking the Silence, et à plusieurs médias. En outre, Israël empêche toujours l’accès de l’enclave aux journalistes internationaux. Pendant que les civils de Gaza sont toujours soumis à un blocus renforcé qui prive les derniers hôpitaux de matériel médical, à Deauville, la photo de Jehad Alshrafi a disparu. Elle a été discrètement remplacée par un peloton de cyclistes en clair-obscur. L’information a d’abord circulé dans un média local avant d’être reprise par L’Humanité. “Jeudi 20 août 2026, au soir, Sylvain Larcher a constaté que la photo avait été remplacée par une autre image, sur un autre sujet”, explique le site Le Pays d’Auge. Larcher est responsable de la section locale du Parti Socialiste. “Cette disparition soulève donc une question simple et légitime: pourquoi cette photographie a-t-elle été retirée?”, interroge-t-il. Réponse de la municipalité centriste au journal local: “Nous ne voulons pas entrer dans la polémique, ni heurter qui que ce soit”. Quitte à invisibiliser la réalité d’un génocide, comme le souligne l’article de L’Humanité. Le 11 août, le militant pro-israélien Mike Krief avait interpellé la municipalité via sa page Instagram aux 77 000 followers. “Mais vous avez raison, affichez des images des pauvres fakestiniens…”, ironisait-il en déshumanisant les victimes des bombardements israéliens dans l’enclave. Neuf jours plus tard, Krief se félicitait d’avoir fait plier la municipalité, photos avant-après à l’appui. Il allait bientôt voir l’image effacée sur place devenir virale sur les réseaux sociaux. Le sujet est évoqué dans des médias comme Le Monde, Le Figaro, Ouest-France, 20 Minutes… Officiellement, le cabinet du maire Philippe Augier affirme n’avoir reçu “aucune pression” à l’Agence France-Presse (AFP), dans une dépêche reprise notamment par Le Monde le 26 août. Sauf que ce discours ne tient pas debout quand on se penche sur la communication antérieure de la municipalité. Le compte Instagram officiel de Deauville avait répondu longuement au militant pro-israélien sous la publication du 11 août, en associant “les souffrances créées par le terrorisme palestinien” à la “communauté juive deauvillaise”. Le message, dévoilé par Libération le 27 août, est toujours visible à ce jour dans la section commentaires. “Puisque cette photo crée précisément de nouvelles douleurs, et pour faire taire cette polémique disproportionnée, nous retirons cette photo de l’exposition”, peut-on lire. La municipalité de Deauville a donc censuré la photo sous des pressions pro-israéliennes. Ou comment invisibiliser le génocide des Palestiniens, mais aussi piétiner les ambitions du festival, le tout en amalgamant les habitants juifs de Deauville aux soutiens de l’État colonial israélien. Le retrait aurait été décidé “dans un seul souci d’apaisement” plaide la municipalité à l’AFP. “L’apaisement, ce n’est pas de retirer cette photo. L’apaisement, c’est de faire une explication du contexte de cette photo, ce qu’elle porte comme information et ce qu’elle raconte sur la réalité”, répond Martin Roux, porte-parole de l’ONG Reporters sans frontières, interrogé par France Inter. Cette lâcheté est-elle surprenante de la part d’une mairie centriste? Pas dans un pays où une large partie de la classe politique ignore les droits politiques des Palestiniens et où les manifestations de solidarité sont réprimées, voire criminalisées. En avril dernier, la proposition de loi “Yadan” (du nom de Caroline Yadan, élue députée en 2024 sous l’étiquette de la Macronie) avait pour but de punir les critiques de l’État d’Israël comme si c’était une forme d’antisémitisme. Le texte, finalement rejeté, a été jugé comme une “grave menace pour la liberté d’expression” par l’ONG Amnesty International, mais soutenu par des élus du PS comme l’ex-président François Hollande ou le candidat à la présidentielle Jérôme Guedj. A ce jour, la photo de Jehad Alshrafi n’est pas réapparue à l’exposition qui …
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