Coupe du Monde 2026: pour un boycott collectif, offensif et alternatif
Plus de matchs, plus de profits, plus d’exclus. Après la Russie et le Qatar, la Coupe du Monde 2026, majoritairement organisée dans des États-Unis en […]





Visés par la loi RIPOST et son article 4, les supporters contre-attaquent
Ces dernières semaines, les banderoles contre le projet de loi “RIPOST” – pour “Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité” – se sont multipliées dans les tribunes hexagonales. En cause : l’article 4 du projet, qui prévoit un nouveau durcissement des mesures visant les supporters. Pour les tribunes populaires, c’est une nouvelle occasion de faire front commun. Le texte ne sera examiné en séance publique au Sénat qu’à partir du 18 mai, mais il provoque déjà des réactions au sein des groupes de supporters. Déjà dans le viseur du ministère de l’Intérieur qui a engagé des procédures de dissolution à leur encontre, les ultras stéphanois – Magic Fans et Green Angels – ont fait partie des premiers à dégainer, à l’occasion de la venue de Troyes à Geoffroy-Guichard. Au classique “Loi RIPOST: supporters unis contre l’article 4” des Magic Fans, dans le virage opposé les Green Angels ont aussi déployé un message hostile au projet de loi: “Loi RIPOST : la schizophrénie répressive continue, effaçant des années de combat pour nos libertés. Supporters unis contre l’article 4”. Des banderoles avec des messages similaires ont notamment été sorties par les ultras de Lens, de Marseille, de Guingamp, de Rodez, de Toulouse ou encore de Grenoble, pour n’en citer que quelques-uns. Les groupes ultras, dont les membres sont particulièrement ciblés par la répression, ont tout intérêt à unir leurs voix. L’article 4 de ce projet de loi suscite en effet beaucoup d’inquiétudes. Il prévoit de durcir les conditions d’application de l’Interdiction Administrative de Stade (IAS) dont la durée maximale passerait de 12 à 24 mois. Un supporter pourrait donc, en l’absence de procédure judiciaire, être interdit de stade pendant deux ans, sur la seule décision du préfet. L’article 4 de la loi RIPOST assoit un peu plus leur pouvoir arbitraire. L’application de l’IAS serait étendue aux cortèges et aux rassemblements des supporters. Enfin, le pointage au commissariat deviendrait aussi obligatoire la veille et le lendemain des matchs. “Sur une saison de championnat, cela représente des dizaines de pointages supplémentaires – parfois 6 par semaine – empiétant sur les week-ends, les congés, la vie familiale”, écrit l’AD2S (association de défense des supporters stéphanois), qui a publié un décryptage pédagogique du fameux article 4. Pour l’AD2S, cette extension spatio-temporelle tend de plus en plus à faire de l’IAS – prétendument préventive – “une peine punitive prononcée sans juge”. La prétendue lutte contre la violence dans les stades ne représente que quelques lignes de ce projet de loi de 33 articles, couvrant de nombreux sujets allant des rodéos urbains aux free parties, mais aussi l’utilisation du protoxyde d’azote ou les tirs de mortier. Mais le ministère de l’Intérieur n’allait pas laisser passer l’occasion de porter de nouveaux coups aux libertés des supporters. Édito n°84
Old Firm, l’hommage des ultras du Celtic au boxeur Benny Lynch
Fragilisé il y a encore quelques semaines dans la course au titre, le Celtic FC s’est refait la cerise enchaînant huit victoires de rang. Revenu sur les talons de Hearts, le club peut espérer renverser la situation. Depuis le mois d’avril, le Celtic peut compter sur le retour de la Green Brigade. Un apport qui n’est pas pour rien dans la série inarrêtable du club. Ce dimanche 10 mai au Celtic Park se profilait le Old Firm, l’affiche majeure du football écossais. Porté par un Daizen Maeda qui finit la saison en trombes, le Celtic l’a emporté 3-1 sur les Rangers, éteignant définitivement les derniers espoirs de titre pour leurs rivaux historiques. Celui-ci se jouera selon toute vraisemblance lors de la dernière journée, le 16 mai prochain avec la réception de Hearts. La Green Brigade n’est pas du genre à passer inaperçue et ses animations en tribunes sont bien souvent remarquées et massivement relayées sur internet. Le tifo réalisé à l’occasion de la venue des Rangers a une nouvelle fois mis à l’honneur une personnalité historique locale: Benny Lynch, célèbre boxeur des années 30. Natif de Gorbals, quartier ouvrier du sud de Glasgow, il est considéré comme l’un des tout meilleurs boxeurs de sa catégorie. Surnommé Our Benny, il a été champion du monde des poids mouches et a connu une impressionnante série d’invincibilité de trois ans entre mars 1933 et mars 1936. Sa fin de vie a été marquée par la pauvreté et l’addiction à l’alcool. Devenu abonné à la rubrique des faits divers, Benny Lynch mourra en 1946, dans un état de malnutrition avancé, à seulement 33 ans. Dans la tribune de la Green Brigade, le message accompagnant la figure de Benny Lynch, dont on commémorera les 80 ans de la mort au mois d’août prochain, appelait à “se battre jusqu’au bout”. Un état d’esprit que les ultras veulent transmettre aux joueurs, alors que le Celtic FC peut encore croire au titre.
“Black Knight, BlueCo, même poison”: lorientais et strasbourgeois unis contre la multipropriété
En amont du match de Ligue 1 entre Lorient et Strasbourg au Moustoir, dimanche 26 avril dernier, environ 200 supporters des deux équipes – Merlus Ultras 95 et Ultra Boys 90 – ont manifesté pour protester contre le système des multipropriétés. C’est inédit et témoigne de la détermination des ultras à ne pas laisser l’identité de leur club être piétinée par les affairistes du football. Avec ceux du Red Star, les ultras strasbourgeois (UB90) et lorientais (MU95) sont à la pointe de la lutte contre ce « fléau » qui gangrène le football au delà des frontières hexagonales. Quelques supporters du Red Star, acteurs incontournables de cette lutte, étaient d’ailleurs présents dans les rues de Lorient. Ils ont joué un rôle prépondérant dans la rédaction de la proposition de loi d’Eric Coquerel, député LFI, qui attend toujours qu’elle soit mise à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. La critique de ce système en pleine expansion incite ces tribunes populaires à s’allier dans la lutte, seule voie permettant d’envisager un rapport de force. Les fonds d’investissement possédant plusieurs clubs sont généralement basés à l’étranger, hors d’atteinte des supporters des différents clubs qu’ils possèdent. Le FC Lorient est depuis janvier 2026 entre les mains de Bill Foley, un milliardaire américain déjà propriétaire de Bournemouth, club de Premier League, à travers le fonds Black Knight. Dans une configuration similaire, le RC Strasbourg appartient au fonds BlueCo depuis 2023, qui possède aussi Chelsea, mastodonte du football européen au 21e siècle. Dans la lutte contre la multipropriété, il autant question de défense de l’identité historique des clubs que leur indépendance. Le refus de devenir un club filiale Dans le cortège, les messages “BlueCo Out!” des Strasbourgeois font échos aux “Foley Out!” des Merlus. « Foley ne sait même pas situer Lorient sur une carte », peste un ultra local au micro du journal Ouest-France. Le slogan “Black Knight, BlueCo, même poison”, a été repris en chœur par les ultras. La crainte dominante de ceux qui voient leur club attrapé dans les filets de la multipropriété, c’est qu’il se transforme en filiale. Les transferts en Premier League vers les maisons-mère Bournemouth ou Chelsea en sont les signes les plus marquants. Dango Ouattara et Élie Kroupi Jr ont déjà été récupéré par Bournemouth, à un moment où Foley ne possédait encore que 40% du FCL. À Strasbourg cette relation de subordination est encore plus marquée. On ne compte plus les mouvements entre les deux clubs Jusqu’au cas de l’entraîneur Liam Rosenior, promotion… Et même si Strasbourg connaît une belle saison cette année, avec une demi-finale européenne dans quelques jours, ces performances n’effacent pas les inquiétudes de ses supporters. Les résultats relativement bons obtenus par le club alsacien n’attenuent pas ce furieux sentiment d’être une équipe réserve, voire le centre de formation, de Chelsea. La multipropriété est aussi l’illustration du mépris généralisé que le football moderne, dérégulé et ultra-libéral, a pour les supporters qui ne sont plus considérés que comme une vulgaire clientèle. Les groupes qui résistent font office de dernier rempart. Derrière le rejet de la multipropriété, une vision alternative du football se dessine, par petites touches. L’idée d’une propriété collective, encore trop peu mise sur la table, est la suite logique et la meilleure protection contre les fonds vautours.
Après cinq mois d’absence, la Green Brigade a fait son retour
Initialement de six matchs, pour des comportements jugés “violents et menaçants” lors d’un match à domicile contre Falkirk au mois d’octobre, la mesure de suspension avait été prolongée en décembre. En tout et pour tout, elle aura duré cinq mois et 32 matchs! La Green Brigade s’est félicitée de voir cette sanction “injustifiée et inéquitable” être levée par le Celtic FC. Après avoir fait son retour en tribunes le 5 avril lors du déplacement à Dundee, la Green Brigade a pu goûter à nouveau aux joies du Celtic Park pour la réception de St Mirren, le week-end dernier. Une première depuis la suspension de près de 250 de ses membres, par le club, en novembre dernier. Un retour qui semble satisfaire tout le monde mais qui ne signifie pas que l’emblématique tribune abandonne ses engagements militants. Il ne faut pas s’attendre à voir les ultras du Celtic faire profil bas. Le Celtic FC a confirmé l’information dans un communiqué officiel, insistant sur le fait que la Green Brigade avait accepté de respecter les dispositifs de sécurité et de se soumettre à des évaluations match par match. Ce retour devrait aussi entraîner le remboursement partiel des matchs manqués par les interdits de stade, ainsi que le rétablissement des points de déplacement (“away points”) qu’ils auraient dû accumuler. Pour la Green Brigade, cela confirme qu’il n’existait aucun fondement à ces suspensions. Dans son communiqué, relayé sur les réseaux sociaux de la North Curve, la Green Brigade se satisfait de constater que “les restrictions concernant l’expression légitime des supporters et leur comportement envers la police ont été abandonnées”. Preuve de leur caractère arbitraire à leurs yeux. Le groupe rappelle son droit à être traité “de manière équitable, proportionnée et respectueuse par le club, ses stadiers et les forces de l’ordre, en particulier aux abords de Celtic Park”. Fracture consommée depuis longtemps Ce communiqué se ponctue par une série de réclamations adressées au club dont le remboursement intégral de tous les matchs manqués pour les supporters concernés, et des excuses officielles du club. “Nous n’oublierons pas l’expérience des derniers mois ni son impact personnel sur les supporters”, a ajouté la Green Brigade pour qui il reste des problèmes structurels et culturels majeurs. A moyen terme, elle réclame un cadre transparent de dialogue, notamment via la création d’un conseil consultatif de supporters, élu démocratiquement. Le timing de cette décision interroge toutefois les observateurs. En Scottish Premier League, le Celtic est actuellement troisième, derrière Hearts et les Rangers. Fragilisé dans la course au titre, le club s’est soudainement souvenu que la ferveur de sa tribune populaire pourrait lui être utile. Mais la gestion de ce dossier par la direction a provoqué de telles divisions qu’un communiqué tardif ne suffira pas à réparer les choses. La fracture avec la Green Brigade est consommée depuis de nombreux mois. Les multiples manifestations pro-palestiniennes du groupe avaient déjà conduit, en octobre 2023, à la suspension des abonnements de 250 membres de la North Curve. La Green Brigade défend une identité rebelle, antifasciste et anticolonialiste qui se heurte aux calculs mercantiles d’un board déconnecté de l’histoire sociale du Celtic FC, club fondé par les immigrants irlandais de Glasgow. Cette première suspension avait duré près de deux mois. La Green Brigade se relève toujours, “ni soumise, ni brisée”.
Hausse du prix des billets à Liverpool: une lutte des classes qui ne dit pas son nom
La direction du Liverpool FC – propriété du fonds américain FSG – a récemment décidé d’augmenter le prix des billets pour les saisons à venir. Des actions sont prévues et les supporters promettent d’intensifier le mouvement, à domicile comme à l’extérieur, “tant qu’ils auront le sentiment de ne pas être entendus”. En 2016, la mobilisation des supporters de Liverpool contre le projet de billet à 77 livres avait déjà fait reculer les propriétaires. Depuis les années 1990, le prix des places s’est envolé. Dans le Kop de Liverpool, il a été multiplié par 10. Signe d’une évolution du football à l’opposé des attentes et des moyens des moins fortunés, progressivement évincés des tribunes. La question tarifaire en Premier League est devenue un sujet sensible ces dernières années. Le prix des places illustre l’antagonisme entre des dirigeants qui ne jurent que par la rentabilité et des supporters considérés avant tout comme des clients. Qu’il s’agisse de hausses globales, de limitation des places à tarif réduit ou de replacement ailleurs dans le stade pour permettre au club de développer ses lucratifs “hospitality seats”, les clubs cherchent par tous les moyens à augmenter leurs revenus “match day”, sur le dos de leurs supporters les plus fidèles. Les protestations sont de plus en plus fréquentes. A la fin du mois de mars, le Liverpool FC a ainsi annoncé que le prix des billets et des abonnements augmenterait, en fonction de l’inflation, pour les trois prochaines saisons. Cela signifie que, dès la saison 2026/27, les abonnements subiront une hausse allant de 21,50 à 27 livres sterling. Ces hausses sont appelées à se durcir lors des deux saisons suivantes qui verront les supporters payer jusqu’à 67,50 livres de plus pour leur abonnement. Soit une augmentation de 3% la saison prochaine, puis une augmentation annuelle plafonnée à 5% jusqu’en 2029. Le club explique se baser sur une estimation basse de l’inflation, mais celle-ci pourrait s’avérer plus haute que prévu. Selon la BBC, c’est la première fois qu’un club de Premier League annonce à l’avance des hausses de prix sur plusieurs saisons consécutives. Cela signifie également qu’à l’orée de la saison 2028/29, les prix des billets de Liverpool auront augmenté lors de cinq saisons sur six. Le LFC défend sa politique tarifaire en invoquant une hausse globale de ses frais et des coûts de fonctionnement incontrôlables qui rendraient un gel des prix impossible si le club veut rester compétitif. Appel à ne plus consommer à l’intérieur du stade Cette décision imposée suscite la colère des fans des Reds. D’autant qu’elle intervient, comme le rappellent plusieurs médias, dans la foulée de la publication de revenus record, dépassant les 703 millions de livres. Le rapport annuel de l’UEFA sur les finances des clubs européens indique que Liverpool a généré 120 millions de livres de revenus billetterie l’an dernier (+ 27%). Le club gagne en moyenne 74 livres par spectateur et par billet vendu. Par jour de match, cela représente en moyenne 4,5 millions de livres de recettes, soit le huitième total le plus élevé en Europe. L’augmentation des prix devrait rapporter environ 1,5 million de livres supplémentaires au club. Une somme dérisoire pour une puissance économique comme Liverpool, mais importante pour des supporters déjà impactés par l’austérité et la vie chère. En réponse, le groupe Spirit of Shankly a lancé une campagne intitulée “Not a pound in the ground” (“Pas un sou dans le stade”), appelant les fans à se ravitailler à l’extérieur d’Anfield plutôt qu’à l’intérieur. Cette grève de la consommation est une des initiatives annoncées de la mobilisation contre la hausse des prix. Le groupe Spion Kop 1906 a lui décidé de retirer tous ses drapeaux du Kop pour les prochains matchs, à l’exception des commémorations d’Hillsborough prévues pour le match contre le PSG en Ligue des Champions. “Derrière tout cela, il y a notre soutien, que le club monétise et vend dans le monde entier. Ce soutien nous appartient, c’est nous qui vous le fournissons. Donc ces drapeaux vont disparaître. Les gens sont clairs: ils ne veulent plus les apporter. Nous ne vous donnerons plus ces images si vous ne nous accordez pas de valeur!”, justifie Jay McKenna, membre de Spirit of Shankly et président du conseil des supporters, auprès du média This is Anfield. Une marge sur les frais d’agent Pour augmenter la pression et pousser les dirigeants à se mettre autour de la table, les groupes de supporters appellent également à retarder le renouvellement de leurs abonnements, jusqu’à la date limite. Dans son communiqué, Spirit of Shankly reproche au club d’ignorer l’opposition claire et massive de ses propres supporters et met en garde: “Si les propriétaires du club n’écoutent pas, alors nous les y forcerons. Il ne s’agit plus de consultation. Cette opportunité est passée. Il s’agit maintenant d’agir. Laisser faire créerait un précédent. Pas seulement pour Liverpool, mais pour l’ensemble du football.” La Football Supporters Association (FSA), qui mène depuis deux saisons la campagne “Stop Exploiting Loyalty” contre les prix pratiqués par les clubs en Premier League, soutient pleinement la mobilisation. “Savoir que les prix vont augmenter pendant trois ans est particulièrement inquiétant en termes de dialogue. Cela signifie quoi? Que les discussions entre clubs et supporters sur les prix des billets disparaissent pour les trois prochaines années? Nous pensons que ce n’est pas acceptable et que cela doit rester un dialogue permanent. Il faut une réaction”, a expliqué Thomas Concannon, responsable du réseau Premier League à la FSA. Jay McKenna, qui s’inquiète des conséquences à long terme de ces hausses, soulève que le club dispose d’autres leviers pour faire des économies plutôt que de faire les poches des fans. “Liverpool a dépensé environ 33 millions de livres en frais d’agents sur les 12 derniers mois. Nous pensons qu’il serait possible d’agir là-dessus”, insiste-t-il. “La question est de savoir quel type de club Liverpool veut être”, a déclaré Spirit of Shankly. “Un club enraciné dans son peuple, ou un club qui considère ses supporters comme une source de revenus à exploiter année après année.”
A nouveau menacés de dissolution, les ultras stéphanois en ordre de bataille
Comme au printemps 2025, les Magic Fans 91 et les Green Angels 92, les deux groupes ultras stéphanois se retrouvent dans l’œil du cyclone répressif. Alors que la mobilisation et les gages apportés avaient permis d’aboutir à la signature en aout 2025 d’un “contrat local de sécurité”, une nouvelle procédure fait peser une menace de dissolution. Les deux groupes ne comptent pas se laisser abattre et appellent à un rassemblement le samedi 11 avril, en amont du match de Ligue 2 face à Dunkerque. L’heure est à la mobilisation à Saint-Étienne. Comme l’an passé à la même période, tous les amoureux des Verts sont appelés à manifester en défense des Green Angels et des Magic Fans, deux groupes historiques de la scène ultra hexagonale. Dans les pas de son prédécesseur Bruno Retailleau, Laurent Nuñez Nuñez espère accrocher leur scalp à son tableau de chasse. Les ultras stéphanois comptent sur le soutien populaire avant de repasser devant la “Commission nationale consultative de prévention lors des manifestations sportives”, le 13 avril prochain. “Un autre match décisif pour le futur de notre stade et de l’histoire de notre club”, écrivent les deux groupes dans un communiqué commun. Du déjà vu! En 2025, en pleine fièvre sécuritaire, Bruno Retailleau avait accusé les MF91 et les GA92 d’utiliser le soutien à l’AS Saint-Étienne comme “un prétexte” pour commettre des violences. Des propos qui sont restés en travers de la gorge des concernés. Cette première procédure de dissolution avait donné lieu à un élan de solidarité important. Avant la réception du PSG, une manifestation avaient réuni plusieurs milliers de personnes derrière le slogan “Le Chaudron ne se dissout pas”. De nombreuses banderoles avaient aussi été déployées dans le stade, ciblant notamment Bruno Retailleau. Avant le coup d’envoi, une immense banderole en tribune latérale résumait l’unité du “peuple Vert” derrière les MF91 et les GA92: “Touche pas à mes Kops!” A nouveau “pris pour cible par le sommet de l’État”, ils refusent d’être “la variable d’ajustement de l’agenda politique du gouvernement”. Ils font aujourd’hui office de première digue face à cette entreprise de criminalisation des tribunes populaires. Selon les médias, le ministère de l’Intérieur reprocherait aux Green Angels et aux Magic Fans plusieurs faits de violence intervenus ces derniers mois: l’affrontement entre membre des deux groupes dans le parcage visiteurs à Troyes, une bagarre entre ultras stéphanois et grenoblois et les échauffourées avec les forces de l’ordre lors d’un déplacement à Dunkerque. Les Green Angels avaient alors mis en cause la brutalité policière, dénonçant “une violence aveugle et d’une intensité exceptionnelle” qui avait causé une vingtaine de blessés. C’est apparemment suffisant aux yeux de Laurent Nuñez pour leur réserver le même sort qu’aux hooligans néo-nazis de Strasbourg Offender. Dans leur communiqué commun, MF91 et GA92 fustigent le refus du dialogue de la part des services de l’État, “malgré des demandes répétées” et pointent du doigt une mesure “contre-productive”. Forts d’un ancrage local incontestable, consolidé depuis près de trente-cinq années, ils peuvent compter sur un large soutien institutionnel, à commencer par celui du président du club, Ivan Gazidis. Conscient du préjudice causé à son club par une dissolution, il a réitéré son soutien aux groupes ultras dans une tribune publiée dans Le Progrès. Même chose pour le député socialiste du cru, Pierrick Courbon, et le nouveau maire, Régis Juanico, qui a demandé un rendez-vous en urgence à Laurent Nuñez. Mais si tout soutien est bon à prendre, le rapport de force s’exerce à la base. Au sein de la communauté des supporters stéphanois, ultras ou non, mais aussi dans les autres villes. Au printemps 2025, pas moins de 129 associations de supporters avaient fait bloc face à la menace de dissolution. De nombreuses banderoles avaient fleuri dans les stades de France et de Navarre. Face aux menaces actuelles qui planent sur les Magic Fans et les Green Angels, il faudra au minimum remettre les mêmes ingrédients. Édito n°83
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