Co-organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, la Coupe du Monde 2026 s’annonce comme une vitrine du trumpisme triomphant. Des critiques sur son caractère antisocial et excluant se font entendre. L’international US Timothy Weah, qui a osé dire ce qu’il pensait du prix des places, s’est fait publiquement recadré par son sélectionneur. Les joueurs sont prévenus: pas un mot plus haut que l’autre.
Sélectionneur de l’équipe nationale des États-Unis depuis septembre 2024, Mauricio Pochettino a mis son costume de shériff pour réagir fermement aux propos de son joueur. Signe d’une liberté d’expression limitée, encore plus quand il s’agit de critiquer la politique tarifaire de l’événement majeur qui se déroulera au pays à partir de juin prochain.
“C’est trop cher. Le football doit rester un plaisir pour tout le monde. C’est le sport populaire par excellence”, a déclaré Tim Weah dans une interview accordée au Dauphiné Libéré au début du mois de janvier. On a connu plus radical. On ne peut pas dire que le joueur – qui évolue à l’Olympique de Marseille – n’a pas mis les formes.
Mais pour Pochettino c’est déjà trop. Interrogé plus tard en conférence de presse, il a répliqué que ce n’était pas le rôle de Weah de donner son avis sur le prix des billets. “Les joueurs doivent s’exprimer sur le terrain, en jouant au football”, a aussi expliqué le coach argentin qui semble avoir assimilé la dimension politique de son poste.
Au pays de Donald Trump, critiquer de la Coupe du Monde est illégitime. L’argumentaire est un classique: “Nous ne sommes pas des politiques, nous sommes des sportifs. Nous pouvons parler de notre travail.” Les footballeurs ne seraient donc pas des travailleurs comme les autres selon le coach argentin qui utilise le prétendu apolitisme du sport pour faire taire un de ses joueurs.
Il ne s’est pas limité à cette mise au point. Il n’a pas manqué de dire tout le bien qu’il pense de la FIFA qui, selon lui, “fait un travail incroyable à travers le monde, en rassemblant les gens”. Pochettino est un partisan de la confiance aveugle dans l’organisation dirigée par Gianni Infantino. Mais ça n’a rien à voir avec la politique.
En délicatesse avec la sélection, le joueur a-t-il compromis ses chances de figurer dans la liste de Pochettino pour quelques mots de bon sens? Reste que Weah est beaucoup plus en phase avec les critiques qui ont jailli un peu partout contre le prix exorbitant des places que l’ancien coach de Tottenham et du PSG.

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