La FIFA a infligé une amende à la fédération israélienne de football (IFA) pour sanctionner sa passivité face aux démonstrations racistes répétées dans les stades du pays. Une sanction symbolique, loin des attentes de la fédération palestinienne (PFA), qui cache mal le refus de l’instance de statuer sur le sort des clubs israéliens basés dans les territoires illégalement occupés de Cisjordanie.
L’annonce de cette sanction intervient alors que la FIFA est critiquée pour sa complaisance à l’égard d’Israël et que Gianni Infantino est visé – avec Ceferin, son compère de l’UEFA – par une plainte déposée devant la CPI pour “complicité de crime contre l’Humanité”. D’aucuns verront dans cette amende de 150 000 francs suisses (environ 165 000 euros), une ficelle pour qu’on n’accuse pas l’instance de n’avoir “rien fait”.
Cette amende sanctionne l’inaction globale de l’IFA face aux comportements racistes récurrents dans les stades israéliens, en particulier de la part des supporters du Beitar Jerusalem et du Maccabi Netanya. La FIFA a annoncé qu’un tiers du montant de l’amende (soit 55 000 euros) devra être consacré à un plan global de lutte contre les discriminations.
Lors de ses trois prochains matchs à domicile de sa sélection nationale, l’IFA devra également mettre en avant une banderole avec le message: “Football Unites the World – No to Discrimination” (“Le football unit le monde – Non à la discrimination”). La FIFA fronce les sourcils: elle sera très attentive à “la taille, l’apparence et l’emplacement de la banderole dans le stade”. Une farce qui ferait sourire si la guerre génocidaire menée par l’État israélien dans la bande de Gaza n’avait pas déjà fait plus de 70 000 morts.
L’annonce de cette sanction intervient en effet alors que la FIFA a déclaré qu’elle ne prendrait aucune mesure contre les clubs israéliens illégalement installés en Cisjordanie occupée, comme le Beitar Givat Zeev Shabi, le Beitar Maaleh Adomim, l’Hapoel Oranit ou l’Hapoel Jordan Valley. Lors du 74ᵉ Congrès de la FIFA, à Bangkok, en mai 2024, la fédération palestinienne avait demandé la suspension de son homologue israélienne, en raison de ces graves violations des règlements de la FIFA.
Le Conseil de la FIFA s’est rangé derrière les conclusions de la Commission de gouvernance, d’audit et de conformité (GACC), qui avait été mandatée pour examiner la situation de ces clubs. L’argument avancé par la FIFA est que le statut juridique définitif de la Cisjordanie serait “non résolu au regard du droit international public”. En entérinant le statu quo, elle soutient de fait l’utilisation israélienne du football comme instrument colonial.

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