L’étau est-il en train de se resserrer autour de la FIFA et de l’UEFA? Maintes fois accusés de couvrir les crimes israéliens, voici Gianni Infantino et Aleksander Ceferin visés par une plainte déposée le 16 février dernier devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour “complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité”. Reste à ce que cette plainte soit jugée recevable.
Selon le média The Athletic, la plainte a été déposée par plusieurs organisations: Irish Sport for Palestine, Scottish Sport for Palestine, Just Peace Advocates, Euro-Med Human Rights Monitor et Sport Scholars for Justice in Palestine. Des footballeurs et des clubs palestiniens se seraient joints à la démarche, accompagnée d’un dossier de 120 pages. La plainte a été transmise au Bureau du procureur de la CPI qui doit désormais procéder à un examen préliminaire afin de déterminer si une enquête doit être ouverte.
Pour les plaignants, les patrons de la FIFA et de l’UEFA ont sciemment “ignoré de nombreux rapports et lettres qui leurs ont été adressés par des experts des droits de l’homme de l’ONU”. Face au génocide dans la bande de Gaza, Gianni Infantino et Aleksander Ceferin avaient de nombreux leviers à leur disposition pour pour a minima sanctionner Israël. Ils n’ont rien fait.
Depuis des années, la FIFA et l’UEFA autorisent en effet, au mépris de leurs propres règlements, l’activité de clubs israéliens dans les territoires illégalement occupés de Cisjordanie. Ces clubs participent aux compétitions de la Fédération israélienne de football (IFA) et jouent des matchs sur des terrains spoliés aux Palestiniens. En plus d’un laisser-faire criminel, les organismes plaignants dénoncent “un soutien financier et structurel aux clubs des colonies”. Des faits graves suffisamment documentés pour accuser les deux instances de “légitimer” la colonisation et de “cautionner” l’apartheid.
Le rôle du football n’est pas anecdotique. Dans le cas de ces équipes basées dans les territoires occupés, c’est un outil de normalisation coloniale.
Le dossier soumis au bureau de la CPI met en avant des points fondamentaux de droit international et s’appuie notamment sur la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) du 19 juillet 2024, reconnaissant l’illégalité de l’occupation et de la colonisation de la Cisjordanie par Israël, y compris Jérusalem-Est.
En ce sens, l’annonce par Donald Trump de la création d’un fonds de 75 millions de dollars en partenariat avec la FIFA, quatre jours à peine après le dépôt de cette plainte, n’est pas à laisser au hasard. Ce fonds est destiné à la reconstruction d’infrastructures sportives dans la bande de Gaza. De son côté, l’UEFA a réagi en qualifiant les accusations portées contre Ceferin “d’autant sensationnalistes qu’infondées”, se retranchant comme à son habitude derrière sous la cape de son apolitisme.
C’est une affaire qui risque de s’étendre dans le temps, peut-être même de se diluer dans une actualité de plus en plus tournée vers la généralisation de la guerre.

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