Coppa Italia: le pavé dans la mare du CS Lebowski

Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, le Centro Storico Lebowski – qui évolue en 6e division – dresse un réquisitoire contre le format actuel de la Coupe d’Italie, réservé aux clubs des deux premières divisions, et se prend à rêver d’un format où les amateurs pourraient défier les professionnels.

Le Centro Storico Lebowski est fidèle à sa ligne et à sa mentalité sociale. Dans cette période de fêtes, l’équipe toscane de calcio popolare aurait bien aimé s’offrir un cadeau, et le partager avec l’ensemble des clubs amateurs d’Italie. Le rêve d’une Coppa Italia ouverte aux équipes amateurs avec, qui sait, un Lebowski-Inter en affiche.

The CS Lebowski has a dream

Le petit club florentin directement géré par ses membres a de la suite dans les idées. Après avoir recruté Borja Valero cet été, il compte bien continuer à porter le plus haut possible sa vision d’un football populaire et inclusif. Sur Facebook, le club a publié un nouveau texte allant dans ce sens, avec cette fois-ci le format de la Coppa Italia comme cible.

CS Lebowski – Inter Milan, un match qui n’a pas eu lieu… ou alors seulement en rêve.

Dimanche prochain, Lebowski aurait dû affronter l’Inter. Ou du moins, c’est ce que nous avons décidé dans une de nos rêveries éveillées. Cela aurait été possible si le système footballistique de notre pays avait appliqué une formule pour la Coppa Italia qui pourrait nous sembler folle et révolutionnaire, mais qui, en réalité, est utilisée dans de nombreux pays, pour le plus grand plaisir du public. Il aurait suffi d’un peu de chance au tirage au sort, et dimanche prochain, une page d’histoire aurait été écrite.”

C’est que, contrairement à la Coupe de France ou à la FA Cup, la Coppa Italia est fermée aux équipes amateurs. En réalité, les niveaux suivants disposent d’une coupe propre (par exemple la Coppa Italia Serie C et la Coppa Italia Serie D). La récente réforme de la compétition a même renforcer ce caractère élitiste en réservant l’accès aux seules équipes de Serie A et B, avec quatre équipes de Serie C en guise de faire-valoir. Pour les instances, ce serait la garantie d’une compétition de meilleur niveau. En réalité, les premiers tours sont souvent négligés, par les clubs comme par le public. “Le plaisir de voir s’affronter les équipes B du Genoa et de la Salernitana, en décembre devant 522 spectateurs payants, doit exercer une fascination que nous sommes les seuls à ne pas comprendre, et qui aurait été irrémédiablement gâchée par la présence d’une équipe C ou D en huitième de finale.” ironise le CS Lebowski.

La formule de la Coppa Italia est “une question politique”

Pour les amateurs florentins, ce n’est pas qu’une question “technique”, après tout la coupe est aussi une bonne occasion de faire tourner et il n’y a aucun mal à ça. Non, c’est avant tout une question “politique”. “La réforme mise en place est une sorte de mauvaise copie de la Superleague. Les grandes équipes ne doivent jouer qu’entre elles et se partager les droits de télévision. […] Et c’est ainsi qu’une compétition, qui pourrait potentiellement raviver la passion de territoires entiers, devient un parcours blindé dans lequel l’équipe la plus forte joue à domicile. Et peu importe si le stade est désert, car les audiences télévisées des demi-finales et de la finale seront bonnes, et donc le profit est sauvé.”

Dans le contexte économique actuel, où de nombreux petits clubs luttent pour leur survie, une Coppa Italia qui leur permettrait de rencontrer les grosses écuries professionnelles dans leur stade pourrait leur offrir “une bouffée d’air frais décisive“. Sans parler de la ferveur que cela créerait!  D’ailleurs, nous le voyons à notre petite échelle: dans les villages où nous allons en Promozione, lorsque Lebowski arrive, le stade est plein. […] Le club hôte fait les recettes de l’année. Et tout ce qu’il faut pour faire ça, c’est que 100 idiots de Lebowski se montrent. Imaginez si Pise, Pérouse et Foggia venaient chaque année. Et une fois dans la vie, l’Inter ou Naples ou qui vous voulez.”

Pour le CS Lebowski, réviser la formule de cette coupe privatisée par les professionnels, ce n’est pas demander la lune. Et dans leur combat, les Grisoneri ne sont pas si seuls. Ils peuvent au moins compter sur le coach d’Empoli, Aurelio Andreazzoli, adepte du “modèle anglais” et loin d’être emballé par la Coppa Italia actuelle: “En l’état, c’est la coupe du plus fort et du plus puissant“. Une coupe à l’image de ce football moderne où les grosses écuries protègent farouchement leurs intérêts économiques.

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