Coupe du Monde 2026: pour un boycott collectif, offensif et alternatif
Plus de matchs, plus de profits, plus d’exclus. Après la Russie et le Qatar, la Coupe du Monde 2026, majoritairement organisée dans des États-Unis en […]





Crystal Palace désormais orphelin des Holmesdale Fanatics
Après plus de 20 ans d’existence et d’engagement, les ultras de Crystal Palace ont annoncé cesser leurs activités. Ils estiment que les conditions pour maintenir une culture de supportérisme actif dans les tribunes de Selhurst Park ne sont plus réunies. En filigrane, l’incompatibilité grandissante du supportérisme populaire avec les normes marchandes et liberticides du football moderne. Lors de la réception de Manchester City ce vendredi 28 août, il y avait un absent de marque à Selhurst Park. Les Holmesdale Fanatics n’ont pas animé leur tribune comme ils le faisaient depuis deux décennies. Et ça n’est pas passé inaperçu. Le groupe fondé en 2005 a annoncé mettre un terme à ses activités. Évoquant un choix qui “n’a pas été fait à la légère”, il dénonce la hausse du prix des billets, la répression policière et les interdictions de matériel, ainsi que l’impact que tout cela peut avoir sur le renouvèlement des générations. Dans des stades de plus en plus aseptisés, les Holmesdale Fanatics ont joué un rôle majeur dans l’animation des tribunes de Crystal Palace. C’est l’un des rares à avoir importé les marqueurs et animations de la culture ultra dans le football anglais. Réputé pour son niveau d’organisation et la qualité de ses animations, le groupe se démarquait aussi par une positionnement clairement antiraciste. Dans leur communiqué expliquant leur décision, les ultras de Palace déplorent que les supporters authentiques ne soient plus une priorité pour les clubs, au profit d’un modèle où le public est davantage considéré comme un consommateur. Football populaire et industrie capitaliste, une contradiction insoluble “Palace doit opérer un changement radical en attirant davantage de jeunes supporters et en rompant avec une culture où l’on vient au stade pour être diverti. Nous voulons retrouver des tribunes où les supporters prennent une part active au match et peuvent contribuer à en faire basculer l’issue”, écrivent-ils. Le groupe jette donc l’éponge, non sans rappeler avec fierté le travail accompli. “Des manifestations qui ont contribué à sauver le club en 2010 à l’instauration du plafonnement du prix des billets à l’extérieur, qui a permis aux supporters issus des classes populaires d’économiser des millions de livres […], les Holmesdale Fanatics ont contribué à écrire une page de l’histoire de Crystal Palace que beaucoup pensaient impossible.” Et c’est peut-être là le plus frappant: leur décision intervient au moment où Crystal Palace traverse la période la plus fructueuse de son histoire, avec une FA Cup remportée en 2025 et l’UEFA Conference League décrochée en 2026. La fin des Holmesdale Fanatics met ainsi en lumière ce qui s’apparente à une impossibilité structurelle. C’est un signal fort envoyé aux dirigeants du football moderne: à force de réfléchir avec les revenus commerciaux comme principale boussole, ils sacrifient une part incontournable de l’âme des clubs.
Amedspor face au racisme anti-kurde et aux menaces de mort
Après sa promotion en Super Lig, Amedspor – le club de la capitale kurde – va fouler les pelouses de l’élite du football turc, un événement très attendu. Même ceux qui ne s’intéressent pas au football suivent de près le club kurde, bien souvent avec des motivations racistes. Face à Kocaelispor, le club kurde a pu se faire une idée de ce qui l’attend cette saison. Divers partis politiques de l’extrême droite turque menacent de fermer le club s’ils accèdent au pouvoir car, pour eux, “Amed porte une menace à l’intégrité territoriale du pays”. Simplement parce qu’un nom kurde en Turquie, ça ne peut pas exister. D’autre part, Amedspor est bien souvent censuré ou ignoré par les clubs rivaux, et les médias biaisés. Il n’est pas rare de voir ces derniers utiliser des termes comme “Diyarbakirspor” ou encore “le club de Diyarbakir”, utilisant le nom turc de la ville. C’est donc dans ce climat d’oppression qu’Amedspor, attaché à la défense de l’identité kurde, scotche les supporters de tout le pays devant leurs écrans. Il attire aussi les fascistes qui remplissent les stades et viennent y scander leurs slogans “anti-terreur” envers le club. Le 24 août dernier, Amedspor a joué son tout premier match de Super Lig, à l’extérieur, sur le terrain de Kocaelispor. Et ce match annonce déjà la couleur des déplacements futurs. Près de 1 500 supporters d’Amed ont fait le déplacement, et plus de 20 000 personnes occupaient les gradins de l’équipe vert et noir. À noter que 24h avant le match, la billetterie a été ouverte au grand public et, sans surprise, des milliers de nationalistes d’autres clubs se sont rués dessus pour venir montrer leur intolérance et leur hostilité envers le club kurde. On pouvait ainsi apercevoir des maillots et des écharpes de d’autres clubs parmi les supporters à domicile. “Diren Diyarbakir” Amedspor s’est incliné 2 buts à 0, mais après le match les médias ont plus parlé des tribunes que du match. Dès l’instant où les premiers supporters Amedî ont commencé à remplir le parcage, des sifflets et des chants anti-PKK ont commencé à se faire entendre parmi les supporters de Kocaeli. De nombreux drapeaux turcs étaient brandis en direction du parcage, tandis que certains supporters effectuaient le salut des “Loups gris”, un geste associé à l’ultranationalisme turc. Ce n’était que le début car ce qui a suivi derrière était bien pires et inédit. Dès la première seconde de jeu, certains supporters de l’équipe à domicile ont commencé brandir des “sacs jaunes”. Une référence évidente aux sacs mortuaires utilisés par l’armée turque pour transporter les corps des combattants du PKK. Les supporters d’Amedspor en ont déjà vu de toutes les couleurs avec les fascistes des clubs rivaux, mais c’est la première fois qu’on les menaçaient directement de mort comme ça. Suite à ça, la justice turque a mis en garde à vue cinq supporters de Kocaeli. La scène a suscité de nombreuses réactions d’indignation chez les Kurdes. De leurs côtés, les supporters de diverses équipes turques ont partagé les images avec fierté, ajoutant leur intention de faire, au minimum, la même chose lorsqu’ils affronteront Amedspor. Les supporters de l’équipe kurde, et notamment le groupe antifa Barikat, ont répondu à ses provocations par des slogans pro-kurdes. Comme très souvent le chant “Diren Diyarbakir” (“Résiste Amed”) a été scandé dans le parcage. Ce premier déplacement d’Amedspor est annonciateur des prochains. Face aux supporters adverses qui sont littéralement en compétition les uns avec les autres pour savoir qui sera le plus hostile, le premier club kurde en Super Lig depuis 16 ans aura la lourde tâche de représenter tout un peuple qui le voit comme son Barça à lui.
Toulouse: banderole des ultras contre Winamax et les paris sportifs
Pour l’ouverture de la saison le Toulouse FC recevait l’Olympique Lyonnais au Stadium. En tribune, les Indians Tolosa ont réagi à leur manière au nouveau partenariat scellé entre leur club et Winamax, célèbre enseigne de poker et de paris en ligne. Cette saison, les joueurs du TFC arboreront le logo reconnaissable de Winamax au dos de leur maillot. L’annonce du partenariat remonte à la fin du mois de juillet, durant l’intersaison. “Une collaboration rendue possible grâce à l’intermédiaire de Sportfive, agence internationale de marketing sportif”, annonçait à cette occasion le club sur son site internet. Les ultras toulousains ont donc profité de la reprise de la saison à domicile pour manifester leur mécontentement face à ce choix de sponsoring de la part de la direction de leur club. Dans le Virage Brice Taton, une banderole limpide a été déployée: “Addictions, dettes, suicides, familles brisées: les paris sportifs en sponsor, vraiment?”. Les opérateurs de paris sportifs sont omniprésents dans le football hexagonal, et nouent des partenariats avec les clubs mais aussi avec les instances. Selon les données publiées en 2024 par l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances addictives (OFDT), 360 000 joueurs de 18 à 75 ans présentaient un risque élevé de jeu dit “problématique” et environ 810 000 étaient classés comme “joueurs à risque modéré”. Des dégâts dramatiques sur la vie des gens Le rapport souligne la situation particulièrement préoccupante des paris sportifs, avec 15,3% des parieurs classées comme joueurs problématiques. Face à ces chiffres qui témoignent de l’ampleur du phénomène addictif lié aux jeux d’argent, Santé Publique France organise depuis quelques années des campagnes de prévention. Mais leur impact réel peine à être mesuré. En Angleterre, plusieurs clubs se sont engagés contre le sponsoring des clubs de football par ce type d’enseignes. Et à partir de cette saison 2026/27, elles n’ont plus le droit d’apparaître sur le devant des maillots des clubs et doivent se contenter des manches. Depuis 2021, la réglementation espagnole interdit aussi très largement la publicité des jeux d’argent dans le sport, notamment sur les maillots et dans les stades. Comme le rappelle le message des Indians, les dégâts des jeux d’argent sur la vie des gens peuvent être dramatiques. Outre l’hypocrisie des clubs, le cynisme des sites de paris sportifs n’a pas vraiment de limites. Ils font leurs profits sur l’addiction aux jeux et sur l’endettement, recourant à des campagnes publicitaires racoleuses, ciblant la jeunesse des quartiers populaires à qui ils font miroiter une échappatoire à la misère. Édito n°90
« De Cava à la FIFA: le football ne peut pas être gouverné sans son peuple »
A Cava de’ Tirreni, près de Salerne en Campanie, le Cava United Football Club défend une autre vision du football, basée sur la propriété collective. Il évolue aujourd’hui en Prima Categoria (D6). Fort de sa devise “Il calcio è della gente” et en partant de sa propre histoire, le club réagit à la crise qui agite la FIFA. Il soutient la pétition internationale contre Infantino et promeut un changement à la base. Il est des nouvelles qui semblent venir de très loin et qui, pourtant, parlent précisément de nous. Le 20 août, une coalition internationale d’organisations de supporters a lancé une pétition demandant la démission du président de la FIFA, Gianni Infantino, ainsi qu’une réforme en profondeur de la gouvernance du football mondial. Parmi les premiers signataires figurent Football Supporters Europe, Football Supporters Africa, l’Independent Supporters Council d’Amérique du Nord ainsi que de nombreuses organisations nationales. L’information a également été relayée par Reuters. Cette demande fait suite à la crise suscitée par le projet visant à céder à des investisseurs privés une partie des intérêts commerciaux liés à la Coupe du monde. Mais la contestation dépasse largement ce seul projet et la seule personne qui en est à l’origine. Elle réclame davantage de transparence dans les décisions les plus importantes, de véritables contre-pouvoirs face au pouvoir exécutif, des mécanismes de contrôle indépendants et l’implication formelle des fédérations, des clubs, des ligues, des joueurs et des supporters. C’est à ce moment qu’une affaire qui semble, en apparence, lointaine arrive jusqu’à Cava de’ Tirreni. Non pas parce que le Cava United devrait se lancer dans chaque combat international. Ni parce qu’un club ancré dans son territoire devrait distribuer des bons et des mauvais points ou rendre des verdicts à distance. Mais parce que, dans ces revendications, nous reconnaissons une question qui nous accompagne depuis longtemps, avant même que le Cava United ne foule les terrains: qui a le droit de décider de la destinée du football? Une question posée bien avant nous À la fin de l’année 2009, nous avons commencé à étudier des expériences qui, à l’époque, semblaient presque incompréhensibles en Italie. Nous avons découvert des clubs reconstruits à la base, des associations démocratiques de supporters, des communautés capables de s’organiser pour défendre une histoire et participer à son avenir. Deux mots venus d’ailleurs sont alors entrés dans notre vocabulaire: Supporters Trust. Le principe était simple et, précisément pour cette raison, révolutionnaire: une personne, une voix. Le supporter n’était plus seulement le destinataire de décisions prises ailleurs, mais devenait un acteur organisé, informé et responsable. Il n’était plus un simple client que l’on sollicite lorsqu’il faut remplir un stade, acheter un maillot ou soutenir une campagne. Il devenait une partie prenante du football, dépositaire d’une mémoire, d’une passion, de compétences et d’un intérêt collectif. Le 2 juillet 2010 naissait alors “Sogno Cavese”. Quelques années plus tard, de cette démarche et de cette vision est né le Cava United. Non pas comme un aboutissement, mais comme un laboratoire en mouvement permanent, construit autour d’une conviction: un autre football n’était pas seulement possible, il était nécessaire. Depuis lors, nous avons tenté de transformer une phrase en une pratique quotidienne: “Le football appartient au peuple!” Pour nous, cela n’a jamais signifié que la passion devait remplacer la compétence, ni que chacun devait décider de tout. Cela signifie, et cela signifie toujours, que la compétence sans transparence ne suffit pas et que ceux qui font vivre un club, qui le soutiennent dans les bons moments et surtout dans les périodes difficiles, qui transmettent son identité, ne peuvent être exclus de tous les lieux où se décide son avenir. Du stade de quartier aux sommets du football mondial Les dimensions sont différentes, mais le principe reste le même. Il vaut pour un club amateur comme pour la FIFA. Il vaut lorsqu’il est question de l’avenir d’un stade de quartier comme lorsqu’il s’agit de décider du patrimoine économique, sportif et culturel que représente la Coupe du monde. Lorsque des décisions susceptibles de transformer le football sont préparées loin de ceux qui le font vivre, le problème n’est pas seulement celui de la communication. C’est un problème de gouvernance. Lorsque la consultation intervient après la décision, ce n’est pas de la participation. Lorsque le pouvoir ne rencontre aucun contre-pouvoir, la communauté du football devient un public que l’on informe une fois les décisions prises. Depuis plus de vingt ans, le mouvement des Supporters Trust défend une vérité qui se retrouve aujourd’hui au cœur de la crise de la plus haute institution du football mondial: les supporters ne sont pas un élément décoratif du jeu. Ils ne sont pas un décor que l’on exhibe lors des grandes occasions. Ils ne sont pas une ressource émotionnelle que l’on transforme en valeur économique sans leur reconnaître une voix et des responsabilités. Les supporters font partie du football. La position du Cava United Cet article ne constitue pas, à lui seul, une adhésion formelle du Cava United à la pétition. Il ne préjuge pas non plus d’une concertation que nous considérons nécessaire avec Supporters in Campo et au sein de nos propres instances. Mais sur les principes, nous n’avons pas besoin d’attendre. C’est pourquoi le Cava United ne peut que se ranger du côté d’une gouvernance transparente, démocratique et responsable; d’une véritable consultation, et non d’un simple exercice rituel; de règles capables de limiter la concentration du pouvoir; et d’une implication durable des supporters dans les décisions qui façonnent l’avenir du football. Ce n’est pas une position que nous adoptons aujourd’hui par opportunisme. Elle s’inscrit dans la continuité fidèle des valeurs que nous avons choisies il y a de nombreuses années et que nous n’avons jamais abandonnées ni adaptées pour servir des intérêts ou accepter des compromis. Nous avons choisi de passer de la protestation à la proposition, de la passion à la prise de responsabilité, du supporter-client au supporter-participant. Les personnes changent. Les fonctions passent. Les institutions ne restent crédibles que si elles acceptent le contrôle, le débat et la responsabilité. …
A Boudjam au Maroc, la mémoire de Fadma Ouharfou honorée lors d’un match
Le 17 août dernier, à Boudjam dans la région de Tinghir, des supporters ont profité d’un match amateur pour rendre hommage à la martyre Fadma Ouharfou, morte en 1976 dans les prisons du régime d’Hassan II. Leur action a une portée mémorielle importante, et met en lumière une figure trop méconnue de l’histoire de la gauche radicale marocaine et de la répression d’État dans les années 70. L’art du tifo protestataire ne se cantonne pas aux métropoles du royaume. La petite commune rurale de Boudjam, située à plus de 2000 mètres d’altitude dans le Haut Atlas oriental, en est témoin. En terre berbère, dans cette région défavorisée qu’on associe souvent au “Maroc oublié”, les supporters du club sportif de Boudjam ont ainsi déployé un tifo à l’effigie de Fadma Ouharfou. A côté de son portrait, sur une banderole en arabe, on peut lire: « Une martyre dans la memoire Aït Hdiddou ». Née dans les années 30 à Sountate, dans l’actuelle province de Midelt, cette femme amazigh est devenue un visage peu connu, mais très symbolique, de la répression politique dans le Maroc des années 1970, sous le règne d’Hassan II. Son père, Mouha Ouharfou, était un représentant politique de la gauche marocaine et une figure de la résistance à l’occupation française. Il a été arrêté dans le contexte de la vague répressive de 1973, condamné à mort par le tribunal militaire de Kénitra et exécuté en 1974. Début mars 1973, l’Atlas a en effet été le théâtre d’une tentative de déclenchement d’une insurrection initiée par les guérilla clandestine du Tanzim, la branche armée de l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP). L’objectif était de renverser le régime d’Hassan II, mais le projet a été écrasé, presque immédiatement, par les forces marocaines. “Rappeler ses sacrifices et faire revivre son nom” Fadma a été arrêtée en 1973, au domicile familial, en même temps que son frère et sa mère, dans le cadre de la répression qui suivit l’insurrection du Tanzim. Officiellement, les autorités la soupçonnaient d’avoir aidé des membres du groupe armé recherchés dans la région, notamment Saïd Oukhouya. “Elle a été torturée pendant huit jours dans un café qui porte le nom de Baro, à Bouzmou. Elle a ensuite été transférée à Corbis et Derb Moulay Cherif avant d’être placée au centre d’Agdez. C’est là-bas qu’elle a trouvé la mort, le 20 décembre 1976”, explique l’historien Lahcen Aït Lafqih. Fadma avait 52 ans. Même si son cas a ensuite été reconnu dans le cadre du processus de « justice transitionnelle », les responsables individuels de sa mort n’ont jamais fait l’objet de poursuites. L’État a fini par intégrer l’histoire de Fadma Ouharfou au processus de réparation et le Conseil National des Droits de l’Homme a soutenu des projets de préservation de sa mémoire et a fait réhabiliter le cimetière d’Agdez où se trouve sa tombe. Mais pour sa famille et ses descendants, ça reste très insuffisant. Suite à ce tifo, dans un message publié sur les réseaux sociaux, le petit-fils de Fadma a expliqué qu’il était temps de lui rendre “la place qu’elle mérite dans notre histoire, de rappeler ses sacrifices et de faire revivre son nom, dont la mémoire a été sciemment effacée. Son corps, retrouvé sous les tortures, constitue une preuve irréfutable que le sang des hommes libres ne se répand jamais en vain. Sa mémoire collective doit être honorée et demeurer une source de fierté pour les générations à venir.” Article écrit avec Biriebi
La reprise du football en Palestine annoncée pour le 4 septembre. Dans quelles conditions?
La Fédération Palestinienne de Football (PFA) a annoncé que la reprise du football de clubs était prévue le 4 septembre prochain, après quasiment trois ans d’interruption, sous la forme d’un tournoi. Alors qu’Israël ne compte pas mettre un terme à sa guerre génocidaire à Gaza, reprendre le football de compétition est une forme de résistance symbolique, malgré d’importants points d’interrogation. Trois ans après le déclenchement de la guerre génocidaire en représailles au massacre du 7 octobre, cette annonce soulève autant d’enthousiasme que de questions. Au vu de ce contexte, dans quelles conditions le football va-t-il pouvoir reprendre en Palestine ? Pour le moment, il ne s’agit pas de la reprise des championnats officiels, mais d’une compétition transitoire, sous la forme d’un tournoi: la Thousand Martyrs’ Cup (la “Coupe des Mille Martyrs”), qui doit débuter le 4 septembre. Comme son nom l’indique, cette compétition rend hommage aux membres de la communauté sportive palestinienne tués par l’armée israélienne ces trois dernières années. Il n’y aura pas de montée ni de relégation. Selon le souhait de la PFA, il devrait concerner l’ensemble des territoires palestiniens: la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem. Dans une bande de Gaza détruite à 80%, avec la quasi totalité des infrastructures sportives inutilisables, cet objectif va être délicat à tenir. Première pierre d’une reconstruction du football palestinien Les principaux clubs gazaouis se sont déclarés prêts à participer malgré cette absence d’installations en état, mais ils ont récemment réussi à reprendre une activité footballistique à travers des évènements ponctuels et l’organisation en juillet dernier du championnat de beach soccer sur le terrain du club maritime. Mais il est évident que la condition sine qua non pour participer à cette Thousand Martyrs’ Cup repose sur la possibilité matérielle et sécuritaire de jouer. La PFA doit notamment composer avec les épineuses questions des déplacements empêchés, mais aussi de l’état des terrains et des moyens financiers des clubs. Le financement serait un des problèmes majeurs. Les clubs, qui ont très peu de ressources, devraient recevoir de l’aide de l’Autorité palestinienne, voire bénéficier de certains programmes de la FIFA et de l’AFC, afin de fournir aux clubs un minimum pour les joueurs et les déplacements, mais aussi la remise en état des installations. Cette date du 4 septembre est voulue comme la première pierre d’une reconstruction progressive du football palestinien, sans garantie réelle que tous les matches pourront se jouer. La présence des clubs de la bande de Gaza est forcément incertaine. Ce tournoi a une évidente portée symbolique, la reprise du football devient l’expression d’un peuple qui se tient debout, malgré plus de 70 000 morts, dont un nombre important d’enfants.
Plus de matchs, plus de profits, plus d’exclus. Après la Russie et le Qatar, la Coupe du Monde 2026, majoritairement organisée dans des États-Unis en […]
Inutile de chercher une définition figée du “football populaire”, elle se construit pas à pas, riche d’une multitude d’expériences alternatives au football moderne. Entre résistance […]
Depuis octobre 2023, les forces israéliennes ont anéanti les infrastructures sportives de Gaza et tué plus 430 footballeurs palestiniens, dont au moins 105 enfants. Une manifestation […]
En septembre dernier, la British Psychological Society (BPS) interpelait les instances du football anglais et écossais sur l’indispensable accompagnement psychologique des jeunes footballeurs, notamment ceux […]
Le rideau est tombé sur les championnats du monde de cyclisme, disputés à Kigali. Sans nous attarder sur le bilan sportif, ils incarnent l’apogée du […]
De Kortabarria à Oleguer, ces joueurs qui ont refusé la sélection espagnole
On a coutume d’entendre de la bouche des joueurs que représenter l’équipe nationale est le summum d’une carrière. Mais en Espagne, les sentiments indépendantistes au Pays Basque, en Catalogne ou en Galice, n’épargnent pas le football. Ainsi, quelques joueurs ont marqué les esprits en refusant …
Argentine-Angleterre, histoire d’une rivalité jamais éteinte
Dans le football mondial, la rivalité entre l’Argentine et l’Angleterre est l’une des plus emblématiques. Elle dépasse largement le cadre sportif et s’appuie sur des ressorts historiques, culturels et politiques. De l’appropriation argentine du football aux grandes confrontations en Coupe du monde, retour sur les …
Parole à la défense: petite histoire politique du catenaccio
Système de jeu bien précis qui a longtemps, pour le meilleur comme pour le pire, fait la renommée des équipes italiennes, le catenaccio appartient désormais à l’Histoire. Remontons aux sources d’un système tactique passé des mains des plus faibles à celles des plus forts, avant …
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Couper les matchs en quatre, une vieille idée de João Havelange
L’innovation majeure introduite par la FIFA durant la Coupe du Monde 2026 est probablement le redécoupage du match autour de quart-temps qui ne disent pas leur nom, sous couvert de pauses fraîcheur imposées. L’idée n’est pas nouvelle et avait été mise sur la table il …
Quand la fédération norvégienne s’opposait au football féminin: une interdiction sans décret
Le blog Éducation populaire et Refondation du football – tenu par une ancienne joueuse de football et un sociologue qui militent pour un football démocratique, populaire et émancipateur – consacre une série d’articles aux conditions dans lesquelles le football féminin est apparu. Aujourd’hui une des nations …
L’action se passe dans l’environnement d’un club italien. À l’aube du derby contre son rival historique, un conflit entre les dirigeants et les supporters éclate. Ainsi se présente […]
Très engagés dans le soutien à la cause palestinienne, les Iraultza 1921 ont marqué les esprits par leur manifestation le 5 octobre dernier à l’occasion […]
Le jeudi 3 juillet, la 10e édition du festival “Ex Abrupto” s’ouvrait dans la ville catalane de Moià par une représentation qualifiée “d’incendiaire” par ses propres créateurs: […]
Depuis octobre 2023, les manifestations de solidarité au peuple palestinien se sont multipliées dans le football. En Égypte, plusieurs font référence à Handala, personnage dessiné iconique […]
L’équipe de Voices est allée à la rencontre du Clapton Community Football Club. Le documentaire, en ligne sur Youtube, met à l’honneur la vision de […]
Le Cri des supporters: les billetteries ouvertes
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Adoption de la Loi RIPOST, les supporters épargnés
Comme nos lieux de travail ou nos quartiers, le football que nous aimons tant est aussi un terrain de lutte contre le capitalisme. [Lire la suite]

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