Inter-Napoli: affrontements avant, cris de singe pendant

Pour la première fois l’Italie organisait une journée de championnat le lendemain de Noël, sur le modèle des matchs du Boxing Day en Angleterre. Le 26 décembre est aussi un jour férié en Italie, où on célèbre Santo Stefano. Le match au sommet entre l’Inter et Naples au stade Giuseppe Meazza, a été particulièrement tendu sur le terrain comme en dehors. Le Calcio a encore une fois été le théâtre de cris de singe et un supporter est mort. Quelques éclairages.

La fin de match résume à elle seule le niveau de tension de la rencontre. Les deux joueurs napolitains Kalidou Koulibaly et Lorenzo Insigne y ont été expulsés et l’international sénégalais, a par ailleurs été à plusieurs reprises la cible de cris de singe provenant de la Curva Nord interiste. Sans réaction des délégués malgré la demande des dirigeants du Napoli d’interrompre la partie. Les cris de singe visant les joueurs d’origine africaine n’est malheureusement pas rare dans les stades italiens. La Curva Nord est d’ailleurs connue pour abriter un grand nombre de supporters d’extrême-droite. Parmi eux les Boys SAN, un groupe historique apparu en 69, dont le nom est une référence aux Squadre d’Azione Mussolini (SAM), un groupe terroriste néo-fasciste actif à la fin des années 60 et au début des années 70.

La Curva Nord et ses alliés d’extrême-droite

Visible la bâche de la Brigade Sud Nice à cheval sur celle des Boys SAN.

Avant le match, des affrontements avaient éclaté aux abords du stade. Selon les autorités, quelques fans du Napoli se seraient soustraits au dispositif policier encadrant leur arrivée au stade, et auraient été attaqués par une centaine d’ultras de la Curva Nord. Ceux-là les attendaient, épaulés de quelques-uns de leurs amis de la Brigade Sud Nice, qui ont bâché dans le virage, ainsi que de la Blood & Honour de Varese. Ces deux groupes sont aussi notoirement connus pour leurs penchants d’extrême-droite pour ne pas dire plus concernant les ultras de Varese dont le nom est une référence néo-nazie explicite. Dans la culture ultra, il n’est pas rare d’aller prêter main forte aux groupes avec lesquels on est jumelé, ou avec qui on entretient une amitié.

La traditionnelle xénophobie anti-méridionnale

Côté napolitain, on ne peut pas dire que les ultras soient opposés aux milanais par antifascisme. Leur contentieux n’est pas lié à une rivalité politique. Toutefois, la forte rivalité les oppose aux intéristes ainsi qu’aux autres clubs du nord industriel s’inscrit dans un contexte de mépris historique à l’égard des populations du sud du pays. Il faut avoir à l’esprit qu’une des habitudes des tribunes du nord de la péninsule est de s’en prendre aux rivaux du sud du pays, qu’ils appellent notamment les terroni, les terreux. Cette sorte de racisme anti-méridional a réellement pris du poids avec la période de gloire du Napoli de Maradona dans les années 80, premier club du sud à damer le pion aux clubs du nord. Si cette haine développée à l’encontre des Napolitains est enrobée de rhétorique ultra, elle n’est pas sans échos avec les positions initiales de la Ligue du Nord – aujourd’hui simplement la Lega – qui prônait alors la sécession de la Lombardie avec le sud du pays.

Un mort, quatre blessés à l’arme blanche

Dans la rue, la confrontation a été violente. Fusées de détresse, fumigènes et manches de drapeaux volaient dans la rue, au milieu du trafic routier. Tout semble être parti de l’attaque de vans transportant des supporters du Napoli, à coups de barre de fer, les contraignant à s’en extraire. Le bilan fait état de quatre supporters napolitains blessés à coups de couteau. Côté Inter, un des leaders des Blood & Honour de Varese, Daniele Belardinelli est mort après avoir été renversé par une voiture prise dans les échaufourées, en essayant de s’en dégager.

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  1. Sébastien Louis: “Il est certain que les luttes des ultras sont utiles” – Dialectik Football

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