« Pourquoi je hais les lundis, le capitalisme et le football moderne »

Kaiserslautern-Fortuna Düsseldorf | 09.12.2013

Billet publié récemment sur les réseaux sociaux par Grada Roja ★ Fútbol de clase, traduit par nos soins. Echo aux revendications récurrentes des supporters contre la hausse du prix des places et contre la programmation des matchs en semaine, ainsi qu’à l’expression de ce sentiment de dépossession souvent éprouvé par le peuple des tribunes.

C’est une haine bien fondée et qui ne manque pas d’arguments. Si nous avions l’habitude d’attendre le week-end comme une sorte de rituel, après avoir été exploités chacun dans nos boulots, c’était pour pouvoir aller au stade supporter notre équipe et nos couleurs adorées. Et ce petit plaisir, le business en quoi ils ont transformé le football nous l’a aussi volé.

Action de boycott organisée par les fans de l’Eintracht Frankfurt lors du match contre l’Union Berlin (24.02.2020)

C’est nous qui produisons et la plus-value générée est accumulée par le patron qui possède les moyens de production. Concernant notre passion, c’est la même chose : nous consommons et devons nous plier aux règles dictées par le système en place. Si les chaînes de télévisions imposent de jouer un vendredi ou un lundi soir, il est impossible de revenir sur cette décision. Les championnats, avec ou sans supporters dans les tribunes, ne s’arrêteront pas.

Si aujourd’hui nous n’avons pas assez d’argent pour subvenir à nos besoins fondamentaux, et le football en est un, c’est de la faute des gouvernements soumis au capitalisme. Ouvriers et ouvrières, nous sommes repoussés hors des stades. Et quand un nouveau stade coûteux doit voir le jour, les fans participent à le payer pour finir par se voir relégués à regarder les matchs à la télévision, si toutefois ils ont les moyens de s’offrir un abonnement aux chaînes câblées.

Tous les aspects de notre vie quotidienne échouent dans les mains d’entités privées dont l’unique but est l’accumulation de profits. Un parasite qui a infecté les nations les condamnant à s’endetter et à souscrire des prêts à des créanciers internationaux en contrepartie de mesures d’austérités telles que des coupes budgétaires qui impactent directement l’avenir des pays en question.

Les Fédérations de football ont la bouche pleine de sanctions et de fair-play financier, alors qu’il existe des clubs, en Espagne par exemple, qui génèrent des revenus allant jusqu’à 1 060 millions d’euros, dont 112,5 millions d’euros pour une seule personne. Nous voyons tous de qui il s’agit.

Notre mot d’ordre doit être d’en finir avec les vices du système capitaliste qui touchent également le football. Le capital a transformé les clubs en machines comptables, les joueurs en figures à suivre plus en rapport à ce qu’ils font en-dehors que sur le terrain. Un fossé s’est créé. Il sépare chaque jour un peu plus la classe ouvrière de ce qu’elle pensait lui appartenir. Le jeu appartient au peuple, alors finissons-en avec ce modèle !

Dimitrov | Grada Roja

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