Tant que la situation ne sera pas redevenue “normale”, les ultras italiens appellent à déserter les virages

« Capacité réduite et place assignée, encore une connerie d'un calcio malade... Soit tout le monde, soit personne »

Alors que ce week-end reprennent les championnats professionnels en Italie, de nombreux groupes ultras ont d’ors et déjà communiqué, à l’instar de leurs homologues français, qu’ils ne retourneront pas au stade tant que les conditions d’accueil normales seront rétablies, même si pour le moment la majeure partie des matchs reste à huis clos.

L’Italie a été particulièrement touchée par la pandémie de Covid-19 et, alors que tout le monde est dans l’expectative quant à un seconde vague, les autorités ne veulent prendre aucun risque. Si le football avait repris, seulement pour les deux premières divisions à l’été dernier, ça n’avait été possible qu’intégralement à huis clos. Face aux demandes, y compris des dirigeants, d’assouplir ces mesures sanitaires, ça n’a été fait qu’avec une extrême parcimonie. Initialement, un décret gouvernemental maintenait le huis clos au moins jusqu’au 30 septembre prochain.

Pourtant, pour cette première journée, quelques matchs auront droit à une jauge famélique de 1000 personnes, notamment Parme-Naples et Sassuolo-Cagliari, en raison d’un arrêté spécifique pris en Emilie-Romagne autorisant cette jauge. Mais aussi le match amical Inter-Pise à Giuseppe Meazza, à l’initiative du club. Cette décision de réouvrir partiellement les stades au public intervient au lendemain de la déclaration du ministre des Sports Vicenzo Spadafora annonçant la mise en place de la fameuse jauge limitée à 1000 personnes. Spadafora avait plutôt idée de laisser les demi-finales des Internationaux de tennis de Rome servir de baromètre. L’Emilie-Romagne a saisi la balle au bond.

Curva Fiesole: « C’est tout le monde ou personne »

Outre une réelle disparité et la cacophonie qui découle de ces adaptations locales, de nombreux groupes ultras n’ont pas attendu pour se prononcer, à l’image de la Curva Fiesole: « En ce qui concerne la réouverture éventuelle des stades, avec mise en place de la distanciation sociale et une jauge ultra-réduite, les ultras de la Curva Fiesole communiquent qu’ils ne retourneront pas sur les marches tant que la situation ne sera pas redevenue “normale”. Animer un virage implique de la proximité et de la promiscuité. Chanter et étreindre la personne à côté de vous après un but. Si la période ne le permet pas, nous attendrons. Le Curva Fiesole ne sera jamais un endroit où l’on peut s’asseoir loin les uns des autres. Nous ne pouvons pas non plus accepter que les Fiorentini, tifosi ou ultras que nous sommes, restent à l’extérieur pour une question de capacité réduite. C’est tout le monde ou personne ».

Les autorités sur des oeufs

Avec sa décision, la région d’Emilie-Romagne a ouvert une brêche. D’autres régions promettent d’imiter la démarche, comme c’est le cas en Vénétie où une ordonnance a été signée en ce sens. Il ne sera toutefois pas appliqué ce week-end en raison d’une décision prise tardivement. En attendant, sur la base des jauges mises en place chez les voisins (20% de la capacité du stade en Allemagne et 5000 personnes maximum en France), le gouvernement et la Fédération (FIGC) réfléchissent à réouvrir partiellement les stades aux supporters. Plus que de permettre aux acteurs principaux que sont les supporters de revenir jouer leur rôle au stade, il s’agit pour les dirigeants de récupérer aussi un peu de recette de billeterie. Mais les autorités marchent sur des oeufs. Il se dit que le mois d’octobre sera crucial où les effets de la reprise des activités scolaires sur l’évolution de la propagation du Covid-19, pourront être mesurés. De même que la finale de la Supercoupe d’Europe entre le Bayern et le FC Séville, prévue le 24 septembre prochain à Budapest devant 18 000 personnes (soit 30% de la capacité du stade) leur donnera de précieux repères.

Florence, mais aussi Terni, Bergame et les autres

Ces derniers jours, le média SportPeople a relayé divers communiqués allant dans le même sens que celui de la Curva Fiesole. La Curva Nord de Bergamo s’est aussi exprimé. En plus d’une longue banderole accrochée devant le stade de l’Atalanta. « Capacité réduite et place assignée, encore une connerie d’un calcio malade… Soit tout le monde, soit personne ». Parmi les nombreux groupes ou tribunes qui ont communiqué citons aussi la Curva Nord de Terni (Ternana), la Maratona (Torino | Serie A), la Curva Sud de la Sampdoria (Serie A), les Brigate Rossoverdi (Grassina | Serie D) ou encore la Curva Sud de Vasto (Vastese Calcio | Serie D) etc.

Les groupes ultras n’oublient pas que cette crise sanitaire intervient à l’issue d’une décennie d’intense répression contre les tribunes populaires. La question des conditions dans lesquelles ils reviendront au stade se pose, car les mesures sanitaires qui se superposent aux mesures sécuritaires déjà en vigueur ont la possibilité de tuer toute approche passionnelle en tribunes.

Message de la Curva Nord de Bergamo, publié sur la page Sostieni la Curva.

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