« Ils veulent nous retirer notre terrain »: soutien à la Popolare Trebesto

En Italie, la Ville de Lucca menace d’expulser la Popolare Trebesto du Stadio Bardo de Sorbano, sur lequel ses équipes jouent depuis six ans. Le club auto-organisé et auto-financé se dit prêt à lutter pour défendre un lieu qui fait désormais partie intégrante de son histoire.

Le club alternatif toscan, “né de rien et né sans rien”, sort pourtant d’une belle saison, manquant la montée en Seconda Categoria d’un cheveu. Qu’est-ce qui lui vaut d’être aujourd’hui mis en péril par la municipalité? Depuis 2020, la Popolare Trebesto partage la concession du Stadio Bardo avec l’AC Luccasette. Or, ce dernier a décidé d’y renoncer. Une décision qui entraînerait automatiquement la remise en cause de l’ensemble de la concession “avec effet immédiat, sans même pouvoir bénéficier du préavis de six mois prévu par l’article 32”, précise le club qui s’attend à recevoir une notification officielle d’expulsion dans les prochains jours. Mais la Popolare Trebesto ne compte pas se laisser faire.

Lorsque nous sommes arrivés sur ce terrain il y a six ans, le Stadio Bardo était un espace abandonné, dans un état de délabrement avancé. Nous l’avons rendu à la ville, entièrement réhabilité, grâce aux sacrifices et aux investissements de toutes nos adhérentes et de tous nos adhérents, qui en font chaque jour un lieu vivant et une richesse pour le territoire”,  rappelle le club dont le modèle est une antithèse du football dominant. Il ne perçoit en effet aucune subvention et repose intégralement sur le soutien de ses membres.

Au cours de ces six dernières années, la Popolare Trebesto a assumé l’intégralité des dépenses liées à l’installation sportive, ce que l’AC Luccasette a reconnu. La jeune histoire de la Popolare Trebesto est intimement liée au Stadio Bardo. “Il existe des lieux qui sont bien plus qu’un simple terrain de football. Ce sont des espaces rendus à la ville alors que tout le monde les avait oubliés. Des lieux où l’on grandit, où l’on tisse des liens, où l’on pratique un sport accessible, inclusif et populaire.

Le club créé en 2018 dénonce “un choix politique délibéré” de la municipalité de Lucca. Elle ne semble pas disposée à lui attribuer la concession du Stadio Bardo. “On nous explique aujourd’hui que le terrain ne fera pas l’objet d’un nouvel appel à candidatures parce que des travaux de réhabilitation devront être réalisés.” Une justification hypocrite, tant le club a sollicité la mairie à maintes reprises pour engager ces travaux nécessaires. Sans réponse. Cette séquence montre surtout que pour disposer d’un équipement sportif dans la commune de Lucca, il ne suffit pas de présenter un projet sérieux au service du territoire. “Ce qui compte avant tout, c’est d’être dans les petits papiers de l’administration.”

Le maire, Mario Pardini, fait-il payer à la Popolare Trebesto ses engagements en faveur d’un sport populaire, antiraciste, antifasciste et antisexiste? Toujours est-il qu’à un mois du début des championnats, la centaine de footballeurs et footballeuses du club – dont la seule et unique équipe féminine de football de la ville de Lucca! – ne sait toujours pas où ils s’entraîneront et joueront la saison prochaine. Les prochaines semaines seront décisives. Avec cette bataille, le club l’affirme: “ce n’est pas seulement une installation sportive qui est défendue, c’est une certaine idée de la communauté.”

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