Italie : De la pizza contre l’absurdité des mesures sanitaires appliquées aux supporters

Le vendredi 18 septembre dernier, l’Atlético San Lorenzo et Borgata Gordiani, clubs romains de calcio popolare, lançaient leur saison avec un entraînement commun. L’occasion de critiquer l’incohérence du traitement réservé aux supporters.

Dans la palette de mesures visant à ralentir la propagation du coronavirus, les autorités ont souvent tendance à utiliser les mêmes ressorts pour préserver la poursuite coûte que coûte du business. Les supporters, déjà traités comme des citoyens de « seconde zone » avant le Covid, n’allaient pas voir leur situation s’améliorer sous le Covid. Et puisqu’il vaut visiblement mieux être clients d’un restaurant que supporters, alors ceux de l’Atlético San Lorenzo et Borgata Gordiani ont eu une idée originale qu’ils expliquent.

« Dès le premier instant, nos deux équipes, avec un grand sens des responsabilités, ont fait preuve de sérieux et rigueur face à la pandémie. Tant sur le terrain que dans nos initiatives, nous avons toujours prêté une grande attention aux règlements. Nous nous sommes mis à la disposition de nos quartiers pour aider les personnes en difficulté. Nous avons respecté les règles (toutes !), même celles que nous trouvions plus difficiles à comprendre.

Mais cette fois, nous pensons qu’il faut mettre en lumière une situation qui commence à devenir grotesque. Entre les obligations de distance (légitimes), les interdictions de drapeaux et de banderoles (incompréhensibles), les propositions fantaisistes de masques transparents pour favoriser la reconnaissance des supporters (sans commentaire) et la prorogation continue des mesures imposant le huis clos, le football à l’heure du COVID semble poursuivre sur la voie de l’éviction progressive des supporters dans les tribunes.

Des expériences comme la nôtre ne peuvent pas permettre cela. C’est pourquoi, le vendredi soir, nous avons décidé de mettre le doigt sur une contradiction qui nous semblait des plus évidentes.

Si 35 personnes se retrouvent dans une pizzeria, elles peuvent s’asseoir à table, parler, manger. Si les mêmes 35 personnes (peut-être à distance les unes des autres, et avec le masque) se déplacent de quelques mètres en tribune, cela devient une foule. C’est pourquoi nous avons décidé de suivre la rencontre comme ceci, en mangeant une pizza tous ensemble avec vue sur le terrain. Si vous mangez de la pizza, vous êtes sur le droit chemin, mais si vous soutenez votre équipe, non ? Eh bien, nous mangerons de la pizza !

Il est bon que les fédérations et les administrations publiques comprennent dès le départ que le football est pour les supporters. Le football sans supporters ne peut et ne doit pas exister. La pandémie ne doit pas devenir l’énième occasion de frapper et de criminaliser ceux qui suivent leur équipe de cœur.

Nous avons besoin de solutions intelligentes et partagées. S’ils ne viennent pas, nous sommes prêts à aiguiser nos esprits, à étudier les mouvements de l’autre partie et à nous insinuer dans les contradictions qui s’ouvriront inévitablement.

On se voit dans les gradins, c’est sûr.

Il reste à voir comment… mais ce n’est qu’une question de temps ! »

Dans la continuité de leur implication durant le confinement, les clubs de football populaire et leurs membres montrent qu’ils comptent bien résister en première ligne face à la gestion sécuritaire que veulent leur imposer les autorités.

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