Le club de Forest Green Rovers appelle de ses vœux une Palestine libre

(©Forest Green Rovers)

Basé à Nailsworth, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Bristol, Forest Green Rovers est un club atypique. Engagé en National League (5e division), le club – connu pour son engagement écologiste et vegan – appelle à la libération de la Palestine. Il a publié un communiqué officialisant cette prise de position en faveur de “solution à deux États”.

À Gaza, nous avons été témoins de souffrances civiles d’une ampleur extraordinaire: déplacements massifs de population et famine délibérément provoquée, mort d’un nombre considérable de civils, parmi lesquels des enfants – et pas seulement des morts, mais aussi des mutilations (la Palestine présente le taux le plus élevé d’enfants amputés au monde) – ainsi que des assassinats ciblés de journalistes et de travailleurs humanitaires”, rappelle le club, dans son communiqué publié le 9 septembre dernier sur son site internet.

Dans un football où règne l’injonction à l’apolitisme et au statu quo, c’est un engagement fort et courageux pris par le modeste club anglais. Pour Forest Green Rovers, la défense des droits des Palestiniens s’inscrit dans “la formidable tradition consistant à utiliser l’exposition du football pour combattre le racisme, le sexisme, l’homophobie et toutes les autres formes de discrimination.” Dans son texte, le club s’est exprimé en faveur d’une Palestine libre, dénonçant les actions de l’État d’Israël et de ses forces armées. “Génocide, nettoyage ethnique et apartheid: il s’agit de crimes d’une gravité exceptionnelle.” Les mots sont posés.

Rares sont les clubs, à l’image des Bohemians Dublin, à avoir bravé la volonté politique de silencier le génocide à Gaza. “Notre soutien au peuple palestinien n’est pas, et ne pourra jamais être, dirigé contre les Juifs ou contre le peuple israélien. Il s’oppose au gouvernement israélien et à ses forces armées […]. Nous condamnons toutes les formes de racisme et nous condamnons tous les actes de terrorisme. Nous condamnons les actes commis par le Hamas le 7 octobre, tout comme nous condamnons les atrocités qui se poursuivent du côté d’Israël.”

Le club insiste ainsi sur sa distance avec le Hamas. “Le peuple palestinien n’est pas le Hamas. Le drapeau de la Palestine n’est pas le drapeau du Hamas. Il est nécessaire de le dire.” L’argumentaire est balisé pour ne pas prêter le flanc aux infâmes accusations d’antisémitisme. “La critique d’Israël est souvent assimilée à une attaque contre le peuple juif. C’est une tactique cynique qui consiste à instrumentaliser la question raciale pour défendre les actions d’un État ouvertement raciste.”

Loin d’un manifeste radical et anticolonialiste, la position de Forest Green Rovers prend appui sur le droit international et le respect des droits humains. “Nous soutenons le peuple palestinien et son droit à disposer de son propre pays. Nous soutenons les Nations unies ainsi que les nombreux pays du monde qui demandent à Israël de mettre fin à son occupation de la Palestine, un pays reconnu par l’ONU, désormais reconnu par le Royaume-Uni et, en réalité, par la majeure partie du monde. Nous soutenons une solution à deux États.”

Avec cette “solution”, le club de Forest Green est simplement aligné sur la position dominante au sein de la communauté internationale. Les mouvements progressistes de gauche ont plutôt tendance à défendre la création d’un État binational, démocratique et laïc, reposant sur l’égalité des droits. Mais à ce jour, l’idée même de la création d’un État palestinien est rejetée par le gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahu, toujours visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour “crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.”

Un élément qui justifie pleinement la revendication d’une exclusion de la fédération et des clubs israéliens des compétitions internationales, à laquelle s’associe clairement le club: “Les instances dirigeantes du football doivent répondre à une question. La Russie a été exclue des compétitions internationales en raison de son invasion et de son occupation de l’Ukraine. Pendant ce temps, Israël continue de participer aux compétitions de football malgré une occupation qui dure depuis des décennies et une invasion toujours en cours […]. Il est légitime de demander pourquoi ces deux situations sont traitées différemment.”

 

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