Mercredi soir, l’AEK Athènes recevait le Levski Sofia en match retour des playoffs d’accès à la Ligue des Champions (C1). Une banderole a été déployée par les ultras du club grec avec un message en anglais: “Throw Nazis Out of Football” (“Dégageons les nazis du football”). Elle était dirigée contre leurs adversaires bulgares du jour, bien connus pour leurs penchants néo-nazis.
Et si le combat antifasciste était un des derniers charmes de la coupe d’Europe? Les supporters AEK prennent leur part. Leur frange radicale, regroupée sous la bannière de l’Original 21, fait partie des rares tribunes du continent à se revendiquer de l’antifascisme. Alors la venue du Levski Sofia à l’AEK Arena – 1600 supporters bulgares étaient attendus – était l’occasion de marquer le coup. En Bulgarie, les tribunes sont connues pour leur ancrage d’extrême droite et leur xénophobie. Et celle du Levski compte parmi les plus racistes d’Europe.
Les supporters du Levski Sofia ont en effet été associés à plusieurs actes et manifestations racistes ces dernières années. En 2013, ils avaient déployé une banderole “Happy Birthday”, accompagnée de symboles nazis, en référence à l’anniversaire d’Adolf Hitler. Lors d’un match de championnat, ils avaient sorti de violentes banderoles souhaitant la “mort des réfugiés”. L’année suivante, ils avaient détourné la campagne antiraciste de l’UEFA en affichant une banderole “Say Yes to Racism”.
Le Levski Sofia a reçu plusieurs amendes de l’UEFA et de la fédération bulgare pour le comportement de ses supporters. Mais pour beaucoup d’observateurs, ces amendes restent symboliques et n’ont rien changé. En 2018, lors de la finale de la Coupe de Bulgarie, des photographies choquantes avaient été prises dans le secteur des fans du Levski, montrant deux enfants avec des inscriptions peintes sur le corps, dont une croix gammée et le sigle SW 1999 en référence à la faction hooligan “Sofia West”.
Une banderole déjà vue en 2018
La même année, lors d’un match de Ligue Europa contre le FC Vaduz, des supporters du Levski avaient adressé des cris de singe au joueur Mohamed Coulibaly. L’UEFA avait été alerté par le réseau FARE, luttant contre le racisme dans le football. En décembre 2022, après la libération de Janusz Waluś et son retour en Pologne, des supporters du Levski Sofia ont affiché des messages de soutien à cette figure de l’extrême droite radicale, condamnée en 1993 en Afrique du Sud, pour l’assassinat de Chris Hani, un militant anti-apartheid.
Ce curriculum vitae de l’horreur n’est pas exhaustif. Mais il suffit à comprendre que la banderole des ultras de l’AEK était un minimum. Les Original 21 sont réputés pour leur positions antifascistes. Ils se revendiquent de l’héritage des réfugiés grecs de Turquie qui ont fondé le club en 1924. On leur connaît des amitiés avec certains ultras de Marseille ou encore Livourne. Selon Pallonate in Faccia, la banderole antinazie sortie contre le Levski avait déjà été vue dans le stade en 2018, lors d’un match face au Dynamo Kiev, dont les ultras sont aussi associés aux franges suprémacistes d’extrême droite.

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