Les négociations doivent se poursuivre ce lundi, soit quatre jours avant le match États-Unis–Paraguay. Les travailleurs et travailleuses du SoFi Stadium de Los Angeles – qui accueillera huit matchs de la Coupe du Monde – mettent la pression et menacent de faire grève. Ils réclament des salaires indexés sur le coût de la vie et refusent de voir la police de l’immigration (ICE) débarquer sur leur lieu de travail.
Que ce soit en cuisine, aux caisses, à la plonge ou aux bars, le personnel de restauration du SoFi Stadium a voté en faveur d’une autorisation de grève. Selon le syndicat “UNITE HERE!”, les adhérents ont approuvé cette autorisation à 96%. Ce vote permet au syndicat d’aborder les négociations de lundi en position de force, car il signifie que les travailleurs et travailleuses du stade peuvent cesser le travail à tout moment si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ils espèrent que l’approche du match États-Unis–Paraguay, prévu le vendredi 12 juin au SoFi Stadium, incite les patrons à céder.
Pour l’instant, les négociations avec Legends Global, exploitant du service de restauration du stade, sont au point mort. “UNITE HERE!”, qui représente plus de 32 000 salariés dans l’hôtellerie et la restauration dans le sud de la Californie, met en avant les revenus colossaux que va générer le SoFi Stadium pendant la Coupe du monde, pointant les places en loge à plus de 100 000 dollars pièce. Sans accord, les employés pourraient se mettre en grève le jour du match. “Si nous sommes contraints de faire grève, les loges FIFA n’auront à offrir que de l’eau en bouteille et des Doritos”, menace Kurt Petersen, responsable syndical.
Les travailleurs et travailleuses qui assurent ce service d’hospitalité sont en première ligne. Ils réclament des meilleurs salaires, qui reflètent le coût réel de la vie à Los Angeles; mais aussi une protection des emplois face à l’IA, aux nouvelles technologies et à la sous-traitance; et enfin le droit de faire grève en cas d’intervention de l’ICE sur leur lieu de travail. Cette police fédérale de l’immigration, emblème de la politique raciste et xénophobe de l’administration Trump, est particulièrement contestée. Los Angeles est une des villes américaines où des mobilisations massives ont répondu au harcèlement des migrants par les agents de l’ICE.
Les travailleurs face aux descentes de l’ICE
La ville est connue pour sa longue tradition de lutte antiraciste et de solidarité avec les travailleurs immigrés, notamment d’origine latino-américaine. Sur les 10 millions d’habitants du comté de Los Angeles, la moitié sont latinos et 16 % sont originaires du continent asiatique. Un tiers est né hors des États-Unis. L’ICE a la fâcheuse habitude d’y faire des raids sur les lieux de travail. A Los Angeles, ces opérations se sont déjà heurté à une réponse populaire et spontanée, à l’image des émeutes de juin 2025, dans le contexte du Mondial des clubs. L’État avait déployé 4 000 soldats et réservistes de la Garde nationale ainsi que 700 Marines.
“C’est assez effrayant d’avoir l’impression d’être coupé du monde et de se rendre au travail sans savoir si quelqu’un va vous attraper et vous placer en détention à cause de votre apparence”, a déclaré Yolanda Fierro, membre du syndicat employée dans les loges au stade, au média ABC7. “UNITE HERE” défend le droit des salariés à quitter leur poste en cas de descente des agents de l’ICE, présentés comme une partie essentielle du dispositif de sécurité prévu. Certains prétendent qu’ils ne seront pas présents lors des matchs dans le but de rafler des gens. Ce qui ne convainc personne. “Aucun travailleur ne devrait avoir à choisir entre se rendre au travail ou risquer d’être arrêté par l’ICE”, clame Kurt Petersen.

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