Adoption de la Loi RIPOST, les supporters épargnés

La loi sécuritaire « RIPOST », défendue par le ministère de l’Intérieur, a été définitivement adoptée par le Parlement. Dans son paquet de mesures, celle visant initialement les supporters a été retirée, mais le durcissement annoncé en matière d’ordre public demeure. Le bloc des droites, de la majorité présidentielle au RN, a fait corps pour faire passer cette loi (351 votes pour et 179 contre).

Au printemps dernier, à grand renfort de banderoles déployées dans les stades, les supporters avaient fait connaître leur opposition à l’article 4 du projet de loi RIPOST, “visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens”. Il prévoyait d’étendre et de durcir le cadre de l’Interdiction Administrative de Stade (IAS). La version de compromis validée la veille en commission mixte paritaire l’a retirée.

Concernant les supporters, la version finale de la loi conserve des mesures sur les déplacements, avec la création d’une amende forfaitaire en cas de non-respect d’un arrêté préfectoral de restriction de déplacement. L’objectif est de simplifier la procédure et de prononcer une sanction plus rapide. D’aucuns diront que le pire a été évité mais ce n’était que quelques lignes au milieu d’un fourre-tout sécuritaire qui s’attaque toujours plus aux libertés.

La loi RIPOST vient durcir l’arsenal répressif contre les “troubles à l’ordre public”, ciblant en particulier les free parties, les rodéos urbains ou l’usage de protoxyde d’azote. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est félicité du vote d’un texte qui fait “le choix de l’intransigeance avec la délinquance”. Il a en effet vu être adopté l’essentiel des mesures de son projet de loi. Les seules déconvenues pour le camp gouvernemental ont donc été la suppression de l’article ciblant les supporters, ainsi que celui qui visait à expérimenter la vidéosurveillance algorithmique dans les commerces.

Le vote de la loi RIPOST s’inscrit dans un contexte sécuritaire plus large, avec l’adoption de la loi “permis de tuer”, sur la présomption de légitime défense des policiers, au début du mois de juillet. Pour la fin du quinquennat Macron, le camp présidentiel se cale sur l’agenda de l’extrême droite.

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