La Borgata Gordiani est un club basé à Rome, évoluant en Prima Categoria (7e division). C’est une de ces équipes associées au mouvement du calcio popolare qui défend un football appartenant réellement au peuple. Il livre ces “quelques réflexions sur le Mondial 2026”, publiées sur ses réseaux sociaux. Le changement viendra d’en bas: “C’est à nous de changer les règles du jeu!”
Ce qui s’est joué ces dernières semaines est tout simplement indigne.
Le rideau est enfin tombé sur la Coupe du monde de Trump et d’Infantino.
L’image la plus emblématique, et la plus éloquente, restera la tentative du président américain, accompagné de son fidèle lieutenant, de s’inviter sur la photo officielle des célébrations finales. L’arrogance d’un pouvoir à la fois brutal et grotesque.
Il y aurait tant de choses à dire qu’on ne sait même pas par où commencer. Alors commençons par la fin, ou plutôt par la finale.
Le prix des billets pour le MetLife Stadium est le reflet d’une volonté de transformer le sport en divertissement, en business, en marché, en instrument d’exclusion sociale. Un spectacle de riches, pour les riches.
Soyons clairs : cette transformation est à l’œuvre depuis des décennies. Mais cette Coupe du monde de l’hypocrisie en constitue, jusqu’à présent, l’expression la plus aboutie. Quelle était la composition sociale des supporters présents dans les stades, lorsque certains billets atteignaient jusqu’à deux millions de dollars ?
Après le Qatar 2022, nous pensions avoir touché le fond, avoir déjà tout vu. Mais il semble qu’il n’y ait jamais de limite au pire.
Dès le départ, nous avons rejoint le boycott de cette mascarade.
D’abord parce qu’Israël n’a pas été exclu malgré le génocide en cours. Ensuite parce que Trump s’est arrogé le droit de modifier les règles du jeu selon son bon vouloir ; parce que des athlètes ont été traités comme des criminels aux frontières américaines simplement parce qu’ils venaient de pays jugés indésirables par Washington ; enfin, à cause des sorties déplacées et irresponsables de ce one-man-show permanent à l’égard des autres pays hôtes, le Canada et le Mexique.
La direction prise était limpide : tandis que le trophée s’élevait dans le ciel de New York, des bombes américaines tombaient sur le ciel iranien. La Coupe du monde de Trump et d’Infantino illustre de manière saisissante le fossé qui sépare les élites mondiales des peuples.
Si l’on retire le peuple du football, peut-on encore parler de football, ce sport populaire par excellence ?
Le football n’est pas qu’un jeu : c’est une passion et une revanche, un engagement et un sacrifice, un espace de rassemblement et de communauté. Il est temps de s’organiser pour fixer des limites.
Car ceux qui dirigent ce cirque ne le feront jamais à notre place.
C’est à nous de changer les règles du jeu !

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