Depuis quelques jours, des dizaines de milliers de Marocains traversent la frontière menant à l’enclave espagnole de Ceuta. Au moins 57 personnes sont mortes dans cette action massive et désespérée. Parmi les victimes: Faten Ben Omar El Azizi, joueuse du Moghreb Athletic de Tanger et ancienne pensionnaire du Moghreb de Tétouan.
Comme Melilla, l’autre enclave espagnole au Maroc, Ceuta (Sebta en arabe) est un symbole de l’Europe forteresse, et de la violence des politiques migratoires vis à vis des populations africaines. Ces deux enclaves sont des résidus tenaces de la colonisation espagnole au Maroc. Elles servent aujourd’hui de pointe avancée de l’Espace Schengen sur le continent africain. Ces territoires constituent une porte d’entrée en Europe pour celles et ceux qui cherchent à fuir un quotidien précaire, quitte à risquer sa vie pour y arriver, comme pour Faten Ben Omar El Azizi.
Suite à ce décès tragique de la footballeuse du Moghreb de Tanger, l’Union Marocaine des Footballeurs Professionnels (UMFP) a envoyé un message de condoléances au nom de Mustapha El Hadaoui, son président, et de l’ensemble des membres du syndicat, adressé à la famille, aux proches et aux coéquipières de Faten. Elle fait partie des 57 victimes recensées à ce jour. Un bilan qui pourrait malheureusement être revu à la hausse. Les autorités espagnoles précisent que certaines personnes se sont noyées et que d’autres ont été écrasées en tentant d’escalader la digue qui soutient la clôture frontalière.
Ces derniers jours, ce sont quelques 60 000 ressortissants marocains qui sont parvenus à traverser la frontière et entrer à Ceuta. Selon le gouvernement espagnol, qui a approuvé le déploiement de l’armée dans l’enclave, plus de 48 000 d’entre eux auraient déjà été expulsés de façon sommaire en direction du Maroc. De son côté, l’Union européenne aurait proposé le soutien de Frontex, l’agence européenne de contrôle des frontières, responsable de dizaines de milliers de morts en Méditerranée, selon le média La Izquierda Diario qui parle “d’escalade réactionnaire”. Dans le viseur, le gouvernement socialiste qui reprend une à une les exigences de l’extrême droite pour “gérer” cette crise.

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