La grève illimitée des enseignants, à l’appel de la Coordinadora Nacional de Trabajadores de la Educación (CNTE), a réuni plusieurs dizaines de milliers d’enseignants dans les rues de Mexico, mais aussi dans d’autres villes comme Oaxaca. Un campement permanent s’est installé dans centre historique de la capitale. Sous pression à quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde, le gouvernement répond par la répression.
“S’il n’y a pas de solution, le ballon ne roulera pas”: le slogan du mouvement de grève des enseignants donne le ton. Nombre d’entre eux – venus parfois de loin, de Oaxaca, du Chiapas, du Guerrero ou du Michoacán – occupent l’avenue du 20 Novembre, une des principales artères de Mexico. Ils réclament entre autres le retour à un système de retraite public, mutualisé, solidaire et intergénérationnel; et dénoncent une précarisation insupportable.
Lancé le 1er juin dernier, leur mouvement s’articule autour de trois exigences majeures: l’abrogation totale de la réforme de l’éducation; l’abrogation de la réforme des retraites des fonctionnaires de 2007 (et donc la suppression du système des fonds de pensions privés gérés par les banques), et enfin une augmentation de 100 % du salaire de base. Le gouvernement de Claudia Sheinbaum ne propose qu’une augmentation dérisoire: 10 % en 2025, puis de 9 % en 2026. Plus qu’insuffisante, cette proposition est perçue comme une provocation pour une partie des grévistes.
Les symboles du Mondial pris pour cible
Outre la manifestation massive dans la capitale, des blocages routiers ont été organisés dans les États de Coahuila et de Zacatecas, ou encore opérations de péages gratuits dans l’État de Chihuahua. Les grévistes ont également pris pour cible plusieurs installations promotionnelles de la Coupe du Monde 2026. Sur le Paseo de la Reforma, les mannequins géants représentant des footballeurs ont été renversés et vandalisés. Les manifestants se sont également emparés d’une sculpture en forme de ballon de football avant d’y mettre le feu, avec les vêtements qui habillaient les mannequins.
Un important dispositif sécuritaire a été déployé dans les rues de Mexico. La police anti-émeute a tiré des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc sur les manifestants pour les disperser et les empêcher d’accéder au Zócalo. Selon les organisations syndicales, au moins cinq manifestants ont été blessés, dont un éborgné.
Face à l’absence d’accord, l’assemblée de la CNTE envisage de durcir le mouvement et de converger avec d’autres secteurs professionnels. Les enseignants affirment que l’arrivée de la Coupe du Monde ne modifiera pas leur détermination. Les actions sont appelées à se poursuivre et le campement à se maintenir pendant la compétition. “Sans satisfaction des revendications, le ballon ne roulera pas”, mettent-ils en garde.

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