L’Association Palestinienne de Football (PFA) a dénoncé l’arrestation illégale par les autorités israéliennes de deux footballeuses, Rand Halawani et Natalie Abu Diyeh. Elle appelle également la FIFA, particulièrement silencieuse, “à inscrire immédiatement ce dossier à l’ordre du jour des prochaines réunions de ses instances compétentes”.
Rand Halawani est une joueuse de l’équipe nationale de Palestine qui habite dans le quartier de Wadi Hilweh à Jérusalem-Est, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Elle a été arrêtée le 2 juin dernier en se rendant à une convocation au commissariat de Talpiot, de l’autre côté de la ligne de démarcation avec Jérusalem-Ouest. Un juge avait prolongé sa détention jusqu’au vendredi 5 juin, maintenant ses proches dans l’incertitude.

En parallèle, Natalie Abu Diyeh, ancienne footballeuse palestinienne – aujourd’hui étudiante à Birzeit, près de Ramallah – a également été arrêtée avec trois autres étudiantes: Sama Safi, Golan Abu Awad et Laila Khalil. L’armée israélienne les accuse, sans fournir de preuves, de faire la “promotion d’activités terroristes et d’autres activités liées au terrorisme”. De nombreux Palestiniens sont détenus arbitrairement par Israël, dans des conditions indignes. L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem, parle d’un “réseau de camps de torture” mis en place par l’État hébreu, où des prisonniers palestiniens subissent des passages à tabac réguliers, des violences sexuelles, et une privation de sommeil et de nourriture.
Dans son communiqué, la PFA affirme qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais que “cela s’inscrit dans un schéma de ciblage systématique des sportifs palestiniens et d’une tentative continue de restreindre leur liberté, de les empêcher de pratiquer leur sport et de les priver de leurs droits fondamentaux.” A quelques jours du début de la Coupe du Monde, ces arrestations renforcent un peu plus la colère envers une FIFA décrédibilisée par son refus de sanctionner la fédération israélienne de football, malgré la violation répétée de ses règlements.
“Le silence et l’inaction persistants de la communauté internationale du football (…) permettent à ces pratiques illégales de se poursuivre sans conséquences”, a ajouté la PFA. La passivité complice de la FIFA à l’égard d’Israël n’est pas nouvelle. En mars dernier, sa commission disciplinaire a reconnu qu’Israël appliquait “un système de ségrégation” et ne prenait pas de mesures contre le racisme anti-arabe répandu dans de nombreux clubs. Mais elle s’est refusée à prononcer la moindre suspension de la fédération israélienne.

[Update] Aux dernières nouvelles, la PFA a informé ce dimanche que Rand avait été libérée ce dimanche 7 juin.