Initialement programmé le 5 novembre à 18h45, le match entre Rennes et l’Olympiakos en Ligue Europa a été avancé au 4 novembre à 16h30 en raison du mouvement social. Ce qui était censé être l’affiche de cette campagne européenne au Roazhon Park, va donc se dérouler exceptionnellement un mercredi après-midi à 16h. Une politique tarifaire destinée aux jeunes est mise en place par le club.
Ça ne respire pas la sérénité dans les salons du pouvoir. La France est une puissance économique mondiale qui possède l’arme nucléaire, mais elle n’est pas capable d’assurer la tenue d’un match de football en même temps qu’une journée de grève dans une métropole de taille intermédiaire comme Rennes. C’est du moins ce que pourraient souligner quelques esprits moqueurs.
Mais la réalité c’est qu’une importante grève est prévue le jeudi 5 novembre, dans un contexte marqué par les revendications contre la vie chère et la dégradation des conditions d’existence. Et Rennes fait partie des villes hexagonales où la mobilisation lycéenne s’est jusqu’ici montrée particulièrement énergique. Après la journée du 17 octobre où le maintien de l’ordre a été débordé, les préfets mettent le paquet.
On ne sait pas encore si cette journée intersyndicale du 5 novembre sera une réussite qui appellera à une reconduction le lendemain. En tous cas, elle a déjà suffisamment de puissance pour décaler un match de Coupe d’Europe. Pour la réception de l’équipe grecque d’Olympiakos, la Préfecture d’Ille-et-Vilaine avait avertie qu’elle ne serait “pas en mesure de garantir les conditions de sécurité et de sûreté requises pour le match”.
L’UEFA a donc accepté d’avancer cette rencontre d’une journée, mais à 16h30, un horaire complètement inadapté à la réalité des travailleurs et travailleuses. Ce choix s’explique simplement par la volonté de l’instance de ne pas programmer un match d’Europa League, compétition secondaire, en travers de la soirée de Ligue des champions, son produit “premium”.
En réaction à ce changement de jour et d’horaire, le Stade Rennais a annoncé mettre en place une politique tarifaire à destination du jeune public et des clubs amateurs. De quoi donner peut-être une coloration plus populaire aux travées d’un Roazhon Park qui a souvent su se montrer à la hauteur les soirs d’Europe. Et le lendemain, les fans des Rouge et Noir pourront se concentrer sur la journée de grève et de mobilisation.

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