Bilan Fútbol Popular | part 1 | SD Logroñes & Unionistas, une saison au-delà des espérances

Dans le guide d’avant-saison que nous avions publié en octobre dernier, nous ne mettions ni la SD Logroñes ni Unionistas de Salamanca, dans des habits de favoris. Et pourtant, tous deux ont atteint la phase 2, synonyme d’accession à la nouvelle Primera División RFEF.

Pour les deux seuls clubs de fútbol popular évoluant au troisième échelon, la partie était loin d’être jouée d’avance. Et si on leur avait dit au début de la saison qu’ils feraient partie du wagon de tête pour rejoindre la nouvelle Primera RFEF, ils auraient signé des deux mains. Il faut mesurer toute la portée de leur exploit tant il aura fallu savoir jouer des coudes pour arracher un des quarante tickets pour accéder à cette toute nouvelle 3e Division espagnole.

Tant pour la SD Logroñes, promu de Tercera et qui comptait parmi les plus petits budgets, que pour l’Unionistas de Salamanca qui sortait d’une saison des plus poussives, il s’agissait avant tout d’assurer le maintien. Même si, techniquement, avec la réforme de la Segunda B (scindée en deux niveaux distincts à compter de la saison 2021/22 avec la création de la Primera RFEF et de la Segunda RFEF) cela aurait signifié passer au 4e échelon du football espagnol. Mais il n’en sera rien et les deux meilleurs représentants du fútbol popular le doivent à une première partie de saison maîtrisée à la perfection.

L’Unionistas et son mur défensif

Du côté de Salamanca, avec un effectif renouvelé à plus de 80% et l’arrivée d’Hernan Perez sur le banc (en provenance de Barakaldo), on peut dire que la saison de l’Unionistas se lançait remplie d’incertitudes. Mais, héritant du grand Deportivo La Corogne dans son sous-groupe, le club charro avait un magnifique challenge à relever et cela malgré les restrictions d’accueil du public à l’Estadio Reina Sofia. Les premiers supporters n’ont été autorisés à venir au stade que fin mars.

Carlos de la Nava, capitaine de l’Unionistas de Salamanca

Porté par un Carlos de la Nava taille patron (élu meilleur joueur de la saison par les socios), l’équipe est montée en puissance au fil des matchs. Le club salamantin a surtout pu s’appuyer sur une défense à quatre des plus solides. Devant le portier Serna, les deux axiaux Ramiro et Mario Gomez, ainsi que les latéraux Jon Rojo et Marin, ont formé un mur défensif très difficile à franchir, n’encaissant que 10 buts lors des 18 journées de cette première phase. Dans les autres secteurs, Hernan Perez a plus fait jouer le turn-over, s’appuyant aussi sur la nouvelle règle des cinq changements. A la récupération, Nespral, Acosta, Lamadrid, puis Mandi – arrivé en février en provenance de l’Atlético de Kolkata (Indian Super League) – ont formé un trio précieux. Devant, les attaquants Aythami et Diego Hernandez ont quant à eux moins répondu aux attentes placées en eux. Solide sur ses bases arrière, l’Unionistas a manqué d’efficacité sur le plan offensif. Et c’est De la Nava, à la base plus n°10 qu’avant-centre, qui a pris le leadership offensif de l’équipe, terminant meilleur buteur avec 5 buts.

C’est son assise défensive qui a incontestablement permis à l’Unionistas de passer cette première étape, la plus difficile, de cette saison si particulière, découpée en trois phases. Rattrapé sur le fil par la réserve du Celta Vigo lors de la dernière journée, Unionistas ponctuait cette première phase à une deuxième place aussi surprenante que méritée. En terminant dans les trois premiers de son sous-groupe, se payant au passage le luxe de laisser le Depor au pied du podium, le club validait sa place en Primera RFEF pour la saison prochaine.

Une fin frustrante

Pour la deuxième phase, l’Unionistas retrouvait dans sa poule Burgos, le Cultural Leonesa, Zamora et les réserves du Celta et de Valladolid. Hormis Burgos, ultra-favori pour les tours finaux (troisième phase) et l’accession en Segunda Division, tout restait jouable. Du côté d’Unionistas, la saison était déjà réussie. C’est donc libéré de toute pression qu’ils ont entamé cette nouvelle série de six matchs, au point d’être en position de rêver des tours finaux jusqu’à la dernière seconde du dernier match. A la faveur d’une série de trois victoires consécutives au mois d’avril, les Charros ont en effet eu leur destin entre les mains jusqu’au bout. Mais les joueurs d’Hernan Perez ont craqué. Battus sur le terrain du Real Valladolid Promesas, ils ont cette fois vu la 3e place qualificative leur échapper au profit de Zamora qui est allé arracher son ticket sur le terrain du Cultural (2-3), dans les arrêts de jeu, après avoir été 2 buts à 0.

Si l’accès à la Primera RFEF est un succès, la frustration est réelle pour Hernan Perez et ses joueurs, surtout au regard du scénario. “C’est le football, nous n’avons pas joué à notre meilleur niveau. Quand le sort d’une équipe dépend d’elle-même et qu’elle finit par regarder plus ce qui se passe sur l’autre terrain, il arrive ce qu’il nous est arrivé“, expliquera le défenseur Antonio Marin. Un avant-goût de ce qui attent le club charro la saison prochaine.

SDL: ce n’est pas la taille du budget qui compte

Avec un peu plus de 500 000 euros de budget, le promu de la SD Logroñes ne pesait pas bien lourd face aux grosses écuries de la Segunda B: Cordoba, le Deportivo La Corogne, le Racing Santander, Numancia ou encore le Cultural Leonesa. Mais, à l’instar des Basques d’Amorebieta (promu en Segunda Division avec un budget similaire), les Blanquirrojos ont su profiter des opportunités. Ayant hérité d’un sous-groupe équilibré, le ticket pour la Primera RFEF ne semblait pas inaccessible: “Objectif: Assurer le maintien en Segunda B, et pourquoi pas sortir de la première phase dans les trois premiers de son sous-groupe” écrivions-nous lors de la publication du guide de la saison pour les clubs de fútbol popular.

Même si la première phase de la SDL a été quelque peu perturbée par le Covid et les reports de matchs, notamment en ouverture face à Ebro, l’équipe a su gérer ce rythme et les aléas sanitaires. “Ça affecte, mais on a su rester positifs et ça a été une des clés car on s’est focalisé sur ce que nous pouvions travailler” a reconnu le coach Albert Aguila à Marca. Son entrée en lice repoussée, les Blanquirrojos ne se sont pas manqués face à Mutilvera. Une première victoire qui les a mis sur les rails selon le coach.

A chaque ligne, Albert Aguila a pu compter sur des joueurs très expérimentés comme César Caneda (42 ans) en défense centrale ou Iker Rodellar (33 ans) au milieu. Des pièces maîtresses qui ont constitué l’ossature de l’équipe riojana aux côtés de joueurs comme Borja Aizpun ou Imanol Etxebarria, au club depuis 2018, et surtout de Miguel Ledo, véritable emblème de la SDL où il évolue depuis sa création en 2009 et avec qui il a donc absolument tout connu. Ajouté à ça la qualité des joueurs en prêt comme le gardien Jero Lario (Almeria) et Diego Esteban (Bétis) et vous avez une grande partie de la recette du cocktail qui a permis au club d’enchainer une deuxième montée à dix mois d’intervalle.

En deuxième phase, contrairement à l’Unionistas, les Blanquirrojos n’ont pas réellement pu se joindre à la lutte pour les tours finaux. Mais l’essentiel était bien ailleurs et ils se contenteront aisément de la montée en Primera RFEF et de la belle victoire lors du dernier match face à la réserve de Bilbao à l’Estadio Mundial 82, devant ses supporters.

Déjà tournés vers la saison prochaine

Il faut savourer car la saison prochaine va être une autre paire de manche. Le niveau de cette nouvelle division promet d’être très élevé. Pour le grand saut en Primera RFEF, l’Unionistas de Salamanca et la SD Logroñes, qui évolueront d’ailleurs dans le même groupe “Nord-Ouest”, vont devoir s’armer intelligemment sur le rectangle vert et renforcer leur structuration. Même si le groupe “Sud-Est” semble plus relevé sur le papier, il va aussi falloir gérer cette professionnalisation accélérée, mais terriblement excitante. Pour ça, Hernan Perez a besoin de certaines garanties, notamment au niveau de l’effectif.

Unionistas a d’ors et déjà recruté un directeur sportif, en la personne de Toni Garcia. De son côté, faute d’accord pour concilier son boulot à l’extérieur et son poste de coach, Albert Aguila a déjà quitté le club riojano. Il sera remplacé par Raúl Llona qui arrive de la réserve d’Alavés. Les deux équipes auront la charge de montrer que football populaire et haut niveau ne sont pas incompatibles. Elles ont déjà montré qu’elles étaient capables d’exploits. Il faudra récidiver.

 

 

 

 

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