Toronto: action symbolique pour demander l’exclusion d’Israel de la FIFA

En amont du match Canada-Bosnie le 12 juin, un groupe d’activistes a recouvert une structure promotionnelle de la Coupe du Monde de la FIFA avec un message réclamant l’exclusion de la Fédération israélienne de football: “Kick Israel out of FIFA”.

Israël ne s’est pas qualifiée pour ce Mondial, considéré comme le pire de l’Histoire. Pas question pour autant d’arrêter de réclamer l’exclusion de sa fédération de toutes les compétitions internationales. C’est dans ce sens qu’une poignée de manifestants portant des t-shirts de la coalition “Jews Say No To Genocide” (“Les Juifs disent non au génocide”) a réalisé cette action symbolique, recouvrant l’imposant logo de la Coupe du Monde situé en bordure de la Gardiner Expressway, une autoroute très fréquentée au Canada.

Le message “Kick Israel out of FIFA” était ainsi visible des gens qui se rendaient au match de la sélection canadienne contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto. Cette action appelait aussi à la libération du médecin palestinien Hussam Abu Safiya, capturé par l’armée israélienne à Gaza à la fin de l’année 2024, et de l’ancienne footballeuse Natalie Abu Diyeh, arrêtée le 2 juin dernier près de Ramallah, en Cisjordanie. Ces deux dernières années, devant l’horreur du génocide à Gaza, de plus en plus de voix se sont élevées pour dénoncer la passivité complice de la FIFA à l’égard d’Israël. Notamment à travers la campagne “Show Israel the Red Card”, relayée dans une trentaine de pays.

La fédération palestinienne (PFA) avait réclamé la suspension immédiate de son homologue israélienne lors du Congrès de mai 2024 à Bangkok, mais les dirigeants de la FIFA ont tout fait pour éviter un vote. Dans un monde normal, le maintien des équipes israéliennes dans les compétitions sportives serait injustifiable. Mais avec la FIFA, Israël peut dormir tranquille sur les ruines de Gaza. A ce jour, plus de 70 000 Gazaouis ont été massacrés par l’armée israélienne.

La fédération israélienne enfreint pourtant ouvertement les statuts de l’instance en alignant des clubs basés dans les territoires illégalement occupés, qui participent directement au processus de colonisation de la Cisjordanie. En mars dernier, la FIFA a annoncé qu’elle ne prendrait aucune mesure contre ces clubs implantés sur un territoire palestinien, invoquant “le statut juridique non résolu de la Cisjordanie au regard du droit international public”. Gianni Infantino a balayé cette question d’un revers de main, estimant que ce n’était pas à la FIFA “de résoudre les problèmes géopolitiques”, se rangeant derrière le plan Trump “pour la paix”. Un alibi pratique pour laisser l’État israélien de poursuivre ses exactions.

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